LEGENDE
Va dire ma chère Ile, là-bas, tout là-bas
Près de cet obscur marais de Foulc, dans la lande,
Que je viendrai vers elle ce soir, qu'elle attende
Qu'au lever de la lune elle entendra mon pas...
Dis-lui que j'ai passé des aubes merveilleuses
A guetter les oiseaux qui revenaient du Nord,
Si près d'elle, tendue à mes pieds et frileuse
Comme une petite sauvagine qui dort.
Dis-lui que nous voici vers la fin de septembre,
Que les hivers sont durs dans ces pays perdus,
Que devant la croisée ouverte de ma chambre
De grands fouillis de fleurs sont toujours répandus.