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Tu aimes lire voici des histoires en ligne :

L’île perdue

Jeanne , tout juste 10 ans , habite sur une île près de la Guyane.Son frère a 9 ans et demie et il s’appelle Ethan.Ils habite sur l’île Royale en face de l’île du diable;ils ont défense d'y aller!! Ce matin , Jeanne saute du lit : _ Aller , on se lève !! _ laisse moi , c'est le week-end !! _lève toi patate !! lui dit-elle. Puis il se leva : _tu veux qu'elle t'explique la vie , la patate !? lui répondit Ethan , prêt a se jeter sur sa sœur. Et le week-end commença (comme tout les week-end) par une série de ruades et de bousculades.Soudain, ils entendirent l'escalier grincé. Ils se regardèrent, et la porte s'ouvrit.Et Marie , leur maman , entra en éclatant de rire ! après le petit déjeuné , ils pouvait enfin sortir. Ils adorait l'exploration, Jeanne adorait les animaux et Ethan étudiait les plantes; malgré tout ils redoutait d'envie d'explorer l’île du diable.

proposée par jadeL

Les 3 chevaliers et Le sort de la princesse

C’était il y a bien longtemps, dans un magnifique château avec un lac d’une beauté extraordinaire ; les personnes qui habitaient dedans étaient le roi Lampoule, la reine Lajardinière, la princesse Beauscheveux. Un jour, quand le roi et la reine s’absentèrent, une sorcière captura la princesse pour lui jeter un sort : la faire disparaître et prendre son apparence pour tuer la reine Lajardinière. Ce fut vite fait, car la princesse n’arrêtait pas de se regarder dans son miroir. Quand la reine revint, elle s’aperçut que la princesse n’était plus là. elle demanda au roi de faire appel aux 3 chevaliers : Hugo, Brice, Philippe. Ceux-ci acceptèrent de sauver la princesse et en échange, le roi accordera la main de la princesse à un de ces 3 chevaliers. Ils se mirent en route, trouvèrent la cabane de la sorcière mais celle-ci était protégée par un mur magique. mais ce n’est pas pour rien qu’ils étaient 3.ils savaient tout, ils pouvaient tout détruire... Ca prendrait moins d’un an !super! « Maintenant, Détruire la cabane ! j’en ai des idées géniales pour trouver la princesse… mais, comment trouver la sorcière et la princesse ? mais…le volcan ! c’est l’endroit idéal pour jeter des sorts !
- Mais oui, on peut grimper ! allez, on s’y met!
- Mais bien sûr ! En route ! Délivrons la princesse !nous grimpons sur le volcan.
-aha !voici la princesse et la sorcière !avec moi, compagnons !à l’attaque ! Détruisons la sorcière !
-nous l’avons battue !hip, hip, hip, hourra ! Venez, princesse, nous vous emmenons au château. »
Et c’est ainsi que se termine cette histoire.

proposée par Cl2208

Le petit monde de Clémence.

Le Petit Monde de Clémence

Clémence, 9ans et demi, enfant uniques et surdouée en classe de 6éme.  Voilà qui était Clémence Baudet. Une petite fille comme les autres, appart quelle était surdouée, et que cela lui poser certains problème.

A part Benjamin et Sophie, les deux génies prétentieux de la classe, personne ne voulait jouer avec elle !

Sauf que Clémence n’avait rien d’une prétentieuse.

Elle n’était pas bien différente des autres, elle riait des mêmes choses, parlait un peu en cours et surtout elle était amoureuse d’un même garçon, Valentin Judenne, un beau mec, brun aux yeux bleus, qui savait faire du skate , qui était super drôle et qui n’avait aucune prétention !

Bref le garçon parfait pour une fille comme Clémence !

Elle n’arrivait pas à lui parler car dès qu'elle le voyait elle était comme hypnotisée !

Clémence ne pouvait pas trop se plaindre, elle avait ses deux parents, divorcés d’accord mais les deux quand même, plein de livres, une intelligence hors du commun et donc moins de difficultés en cours et pour les devoirs, la seule raison pour laquelle elle pouvait se plaindre c’était qu’à longueur de journée, on la traitait de surdouée et de chouchoute ! Cela, et je le comprends très bien l’énervait ! Elle en avait marre de tout cela et décida d’arrêter l’école pendant une semaine pour faire un test.

 

Elle demanda la permission à sa mère qui accepta mais en la faisant promettre de rester sa chambre pour réviser, faire ses devoirs et apprendre de nouvelles leçons toute seule.

Clémence accepta sans problème.

Le lendemain c’était dimanche, elle en profita pour organiser sa chambre, la ranger préparer son bureau et réorganiser sa bibliothèque.

Lundi venu, après son petit-déjeuner, elle rentra dans sa chambre pour commencer sa classe.

Elle s’installa sur son lit avec le manuel de Français, de maths et d’histoire-géo, elle commença à lire, à prendre des notes et à faires les exercices, quand elle entendit taper à la fenêtre, en premier, elle ne réagit pas.

Elle continua, mais dès le deuxième coup, elle ouvrit la fenêtre et n’aperçut rien.

Elle pensa que c’était une mauvaise blague quand d’un seul coup, elle entendit une voix  qui  disait :

 

 

- Clémence Bauduin ?

- Oui, où êtes vous ?, qui êtes vous ?, que me voulez-vous ?

- Je m’appelle Aly, et je suis ici pour vous parler de quelque chose de très urgent !

- Eh bien, montrez-vous, de quoi avez-vous peur ?

- Euh… c’est que… je ne suis pas un humain mais plutôt un animal…

- Mais voyons, tout le monde sait que les animaux ne parlent pas ! Enfin même si Arthur Lorin dit avoir entendu …

- Bref ! Me voilà

Et d’un coup sortit une petite souris blanche qui se posa sur le rebord de la fenêtre et très timidement se posa sur la main de Clémence qui se laissa faire.

-Voilà je dois vous parler Majesté !

- Majesté ? cria Clémence étonné, vous avez dû vous tromper de personne, je ne suis absolument pas reine, même si cela fait partie d’un de mes merveilleux rêves…

- C’est justement pour ça que je suis là, pour vous expliquer tout ça.

Voilà il y de ça exactement 24h, nous avons découvert que vous étiez l’héritière de notre très chère reine, qui souffre d’un cancer du poumon, et nous avons immédiatement cherché son héritière.

Nous sommes tombés sur vous.

Alors j’ai décidé de venir vous l’annoncer en personne ! Et aussi pour vous présenter notre très sympathique village : Clémivallée.

Et une seconde après avoir écouté ça, Clémence entendit des petits pas, et vit arriver une foule d’animaux courant et s’agenouillant devant elle.

Elle les regarda tous, puis Aly fit les présentations :

- Voici la famille Risson, dit-il en montrant une famille d’hérisson,

Les Piques, les Pins, les Iseaux et ma propre famille les Cureuils.

Après cette rapide présentation, Clémence salua chaque famille avec un grand sourire et tous lui répondez « merci votre majesté » et cela lui faisait énormément plaisir !

- S’il vous plait, Majesté vous plairait-il de visiter votre cité ?

- Je ne peux pas, j’ai promis à maman  de … oh et puis zut, marre d’apprendre, de réviser, de travailler tout le temps, pour une fois qu’un de mes rêves se réalise, je dois en profiter ! Emmenez moi !

- Parfait, nous viendrons vous cherchez à 23h pile, alors, à ce soir votre altesse !

Ils firent tous une révérence et s’en allèrent.

Clémence était impatiente, elle gigotait et sautait partout, avait des frissons et n’arrivait plus à apprendre.

Clémence prépara un petit sac avec une lampe torche, un pull-over, un paquet de chips et bien sûr, un manuel de français et un dictionnaire d’anglais !

Quand furent arrivés 23h, Aly frappa à la fenêtre.

Clémence s’y précipita et ouvrit la fenêtre, elle avait pensé à tout et elle balança sa couette qui était pleine de gros nœuds, elle la descendit sans difficulté, et arriva sur le sol avec Aly dans la main.


Aly partit en courant en lui faisant signe de la suivre, elle courait plus vite que d’habitude car elle débordait d’impatience car, elle voulait voir son village !

Ils traversèrent la grande forêt, le parc et le square où Clémence jouait tous les mercredis.

Quand enfin il arrivèrent à une porte géante avec écrit sur un panneau « entrée interdite au public, village de la reine »

Aly siffla un grand coup, quand soudain un ours se posa devant Clémence, lui fit une révérence et lui dit

Votre majesté, je suis Marc, et je suis votre garde du corps, et surtout appelez-moi lorsque vous avez besoin de gros bras !

 

-         Et bien, enchantée Marc !

Et Marc se mit a défoncer  la porte qui tomba brutalement !

-Merci Marc, dit Aly.

Clémence et Aly rentrèrent, et Clémence découvrit un magnifique petit village, très coquet, plein de petites maisons a toits bleus, une mairie, des fontaines, et des animaux un peu partout !

- C’est vraiment magnifique !, dit Clémence.

- Je vous fais visiter majesté ? lui proposa Aly

- Avec grand plaisir !, dit Clémence avec un air de grande reine !

Aly lui montra les différentes maisons et leur expliqua qui étaient les propriétaires, il lui fit visiter la mairie et lui présenta, le maire, Harry.

C’était un jeune lapin blanc, qui avait était élu, car il tenait ses promesses, et était très enthousiaste et dynamique.

-Votre majesté, dit Harry en faisant une révérence.

- Monsieur le maire, répondit Clémence en faisant à son tour une révérence

Il avait l’air de beaucoup s’apprécier ! Ils rigolaient tout le temps et cette bonne entente avait l’air de déplaire à Aly, qui lui les regardait, et commençait à s’impatienter.

-          Nous devons aller voir le roi maintenant !, cria Aly.

-         Le roi, je ne savais pas que j’étais marié !, dit Clémence en rigolant.

-          Le roi est un très beau garçon que nous avons appelé pour être votre « mari » comme ça si vous avez des problèmes, Louis, votre roi, pourra vous aider, car gouverner un village n’est pas si facile !

-         Très bien, présentez le moi !, ordonna Clémence

-         De suite votre majesté !, dit Aly.

Il lui fit mine de le suivre, et il se mit à courir à travers le village, il prit une petite route à droite puis il continua tout droit jusqu'à un grand palace magnifique, à l’entrée il y avait Marc, qui ouvrit la porte à Clémence et lui fit une révérence, qui la fit sourire.

Elle avança sur une grande allée entourée d’herbe et de grandes plantes très jolies, puis elle se trouva devant une grande porte blanche, elle entra et elle vit un grand salon avec des femmes de ménages, des serviteurs, des gardes du corps, des cuisiniers, et bien sûr toutes ces personnes étaient des animaux ! Aly ne laissa pas le temps à Clémence de visiter toutes ses chambres, salles de bains, salon et autres, il l’emmena  directement voir le roi qui se trouvait dans la salle du trône.

Il était brun, de petite taille mais vraiment très mignon, et d’une rare élégance il portait une cape rouge et une couronne dorée.

 

Aly fit la présentation et s’en alla pour les laisser discuter de leur vie, du village et de ses habitants, Clémence trouva Louis fort sympathique et accepta de se « marier » avec lui mais, elle essayer de le cacher, elle était aussi très amoureuse de Harry, le maire du village, elle savait bien que ce n’était qu’un lapin, mais ce lapin là ressemblait drôlement à un humain comme les autres sauf physiquement, mais ça elle s’en moquait.

Il était beau, gentil, intelligent, élégant, avait une grande culture et était très intelligent, bref il était bien mieux que Benjamin, mais, serait-elle en train d’oublier Valentin, ce beau garçon dont toutes les filles étaient amoureuses !

Peut être que oui, peut être que non ! De toute façon son cœur préférait nettement Harry et Louis !

Mais elle se dit que comme Louis n’était que son « mari » pour le village ! Donc elle pouvait bien sur être avec Louis pour les villageois, mais avec Harry pour elle ! Elle trouvait ce plan très plaisant ! Elle pouvait être la copine des deux !

 

Quand elle en parla à Aly, celui-ci fut très vexé, car lui était amoureux de Clémence, mais bon il se dit que cela était son choix et oublia  cette histoire !

-         Comment trouvez-vous votre « roi » ?, lui demanda ensuite Aly.

-         Il est fort sympathique ! répondit elle

Elle décida de rendre visite à Harry, pour lui déclarer sa flamme.

Quand il apprit qu’elle l’aimait, il avoua à son tour qu’il avait les mêmes sentiments !

Et ils décidèrent ensemble que Louis ne serait plus roi, mais maire à la place d’Harry qui lui serait le roi !

Louis comprit et accepta en avouant à Clémence qu’il ne l’aimait qu’en amie ! Ce qui la ravit, elle avait fait le bon choix !

Le lendemain le mariage de d’Harry et de Clémence se déroula à merveille !

Tout le village fut réuni devant la mairie, célébré par Louis, ils décidèrent d’habiter ensemble, dans la maison de Clémence !

Mais elle se demanda comment allaient réagir ses parents ? Ils vont certainement lui dire qu’elle est devenue folle ! Heureusement Harry la rassura.

 

-         je vais déménager sur le rebord de ta fenêtre ! Nous nous verrons souvent et quand tu iras à l’école je serais dans ton cartable ! Nous vivrons ensemble, et notre amour sera secret !

Clémence trouva cette idée superbe et romantique, elle accepta tout de suite, quand elle retourna chez elle, elle dit au revoir à tout son village, et leur promit  de venir tous les week-ends ! Elle partit à pied avec Harry, et ils donnèrent la main, en discutent de leur avenir…

Fin

 


proposée par denju

Martine, petit rat de l'Opéra.

Martine avait dit à maman :

- J'aimerais tant savoir danser comme Françoise,ma petit amie ! Je crois que j'y arriverais .

-Tu sais,on ne devient pas danseuse ainsi,du jour au lendemain.

-Cela ne fait rien,j'apprendrai.

-Il faudra que tu ailles à l'école de danse.

-Si papa est d'accord,j'irai m'inscrire,avait répondu Martine.

Maman s'est laissé convaincre.Papa a dit oui.

Enfin, après avoir passé un examen médical,Martine,accompagnée de son amie françoise,

est entrée à l'école de danse.

Les premières leçons ne furent pas faciles du tout pour Martine.Mais à présent elle est la première de la classe.

Elle s'exerce à bien se tenir sur une jambe en posant la main sur la barre.Voyez comme elle est gracieuse !Si papa était là,sûr qu'il serait fier de sa petite fille !

Pourtant,mademoiselle Irène,le professeur de Martine,a dû faire preuve de patience avec sa nouvelle éleve.

-Tourne la jambe en dehors,Martine.Arrondis le bras.Comme ceci,regarde...Voilà,c'est presque parfait.

Comme dit maman,<<avant de savoir danser,il faut s'entraîner à devenir souple jusqu'au bout du petit doigt>>.

Vingt fois,mademoiselle Irène a dû expliquer à Martine qu'on doit ouvrir le pied vers l'extérieur et lever les bras sans se raidir,avec une aisance naturelle.

-Vois-tu,Martine,un <<petit rat>>doit exécuter correctement les cinq positions que voici.Ce n'est pas tout.Que dirais-tu d'une danseuse qui ne pourrait pas plier les jambes avec souplesse ni se relever sur les pointes ? Cela paraît simple ?

Et cependant,avant d'être une excellente élève, Martine a dû répéter encore le dégagé, le grand battement, le rond de jambe.

Ah non,pas n'importe comment!Le mieux possible et sans perdre l'équilibre.C'est ainsi,à force de persévérance,que Martine deviendra danseuse.

-Mesdemoiselles,recommençons.

Regardez-vous dans le miroir au fond de la salle et suivez donc la mesure ! Une...deux...trois...quatre...Ensemble, s'il vous plaît.

Nous passerons à l'exercice suivant quand celui-ci sera parfait ...

                                               FIN


proposée par cerisedu93

Peau d'ane

Peau d'âne.

Il est des gens de qui l'esprit guindé,
Sous un front jamais déridé,
Ne souffre, n'approuve et n'estime
Que le pompeux et le sublime.
Pour moi, j'ose poser en fait
Qu'en de certains moments l'esprit le plus parfait
Peut aimer sans rougir jusqu'aux marionnettes;
Et qu'il est des temps et des lieux
Où le grave et le sérieux
Ne valent pas d'agréables sornettes.
Pourquoi faut-il s'émerveiller
Que la raison la mieux sensée,
Lasse souvent de trop veiller,
Par des contes d'ogre et de fée
Ingénieusement bercée,
Prenne plaisir à sommeiller?

Sans craindre donc qu'on me condamne
De mal employer mon loisir,
Je vais, pour contenter votre juste désir,
Vous conter tout au long l'histoire de Peau d'Ane.

Il était une fois un roi,
Le plus grand qui fût sur la terre,
Aimable en paix, terrible en guerre,
Seul enfin comparable à soi.
Ses voisins le craignaient, ses états étaient calmes,
Et l'on voyait de toutes parts
Fleurir, à l'ombre de ses palmes,
Et les vertus et les beaux arts.
Son aimable moitié, sa compagne fidèle,
Etait si charmante et si belle,
Avait l'esprit si commode et si doux,
Qu'il était encore avec elle
Moins heureux roi qu'heureux époux.
De leur tendre et chaste hyménée
Plein de douceur et d'agrément,
Avec tant de vertus une fille était née
Qu'ils se consolaient aisément
De n'avoir pas de plus ample lignée.

Dans son vaste et riche palais
Ce n'était que magnificence;
Partout y fourmillait une vive abondance
De courtisans et de valets;
Il avait dans son écurie
Grands et petits chevaux de toutes les façons,
Couverts de beaux caparaçons,
Roides d'or et de broderie;
Mais ce qui surprenait tout le monde en entrant,
C'est qu'au lieu le plus apparent,
Un maître âne étalait ses deux grandes oreilles.
Cette injustice vous surprend,
Mais lorsque vous saurez ses vertus non pareilles,
Vous ne trouverez pas que l'honneur fût trop grand.

Tel et si net le forma la nature
Qu'il ne faisait jamais d'ordure,
Mais bien beaux écus au soleil
Et Louis de toute manière,
Qu'on allait recueillir sur la blonde litière
Tous les matins à son réveil.

Or le Ciel qui parfois se lasse
De rendre les hommes contents,
Qui toujours à ses biens mêle quelque disgrâce,
Ainsi que la pluie au beau temps,
Permit qu'une âpre maladie
Tout à coup de la reine attaquât les beaux jours.
Partout on cherche du secours,
Mais ni la faculté qui le grec étudie,
Ni les charlatans ayant cours,
Ne purent tous ensemble arrêter l'incendie
Que la fièvre allumait en s'augmentant toujours.
Arrivée à sa dernière heure,
Elle dit au roi son époux:
''Trouvez bon qu'avant que je meure
J'exige une chose de vous :
C'est que s'il vous prenait envie
De vous remarier quand je n'y serai plus...
-- Ha! dit le roi. Ces soins sont superflus,
Je n'y songerai de ma vie,
Soyez en repos là-dessus.
-- Je le crois bien, reprit la reine,
Si j'en prends à témoin votre amour véhément;
Mais pour m'en rendre plus certaine,
Je veux avoir votre serment,
Adouci toutefois par ce tempérament
Que si vous rencontrez une femme plus belle.
Mieux faite et plus sage que moi,
Vous pourrez franchement lui donner votre foi
Et vous marier avec elle.''
Sa confiance en ses attraits
Lui faisait regarder une telle promesse
Comme un serment, surpris avec adresse,
De ne se marier jamais.
Le prince jura donc, les yeux baignés de larmes,
Tout ce que la reine voulut;
La reine entre ses bras mourut,
Et jamais un mari ne fit tant de vacarmes.
A l'ouïr sangloter et les nuits et les jours,
On jugea que son deuil ne lui durerait guère,
Et qu'il pleurait ses défuntes amours
Comme un homme pressé qui veut sortir d'affaire.

On ne se trompa point. Au bout de quelques mois
Il voulut procéder à faire un nouveau choix.
Mais ce n'était pas chose aisée,
Il fallait garder son serment,
Et que la nouvelle épousée
Eût plus d'attraits et d'agrément
Que celle qu'on venait de mettre au monument.

Ni la cour en beautés fertiles,
Ni la campagne, ni la ville,
Ni les royaumes d'alentour
Dont on alla faire le tour,
N'en purent fournir une telle;
L'infante seule était plus belle
Et possédait certains tendres appâs
Que la défunte n'avait pas.
Le roi le remarqua lui-même
Et, brûlant d'un amour extrême,
Alla follement s'aviser
Que par cette raison il devait l'épouser.
Il trouva même un casuiste
Qui jugea que le cas se pouvait proposer.
Mais la jeune princesse triste
D'ouïr parler d'un tel amour,
Se lamentait et pleurait nuit et jour.
De mille chagrins l'âme pleine,
Elle alla trouver sa marraine,
Loin, dans une grotte à l'écart
De nacre et de corail richement étoffée.
C'était une admirable fée
Qui n'eut jamais de pareille en son art.
Il n'est pas besoin qu'on vous dise
Ce qu'était une fée en ces bienheureux temps:
Car je suis sûr que votre mie
Vous l'aura dit dès vos plus jeunes ans.

''Je sais, dit-elle, en voyant la princesse,
Ce qui vous fait venir ici,
Je sais de votre coeur la profonde tristesse;
Mais avec moi n'ayez plus de souci:
Il n'est rien qui vous puisse nuire
Pourvu qu'à mes conseils vous vous laissiez conduire.
Votre père, il est vrai, voudrait vous épouser;
Ecouter sa folle demande
Serait une faute bien grande,
Mais sans le contredire on le peut refuser.

Dites-lui qu'il faut qu'il vous donne
Pour rendre vos désirs contents,
Avant qu'à son amour votre coeur s'abandonne,
Une robe qui soit de la couleur du temps.
Malgré tout son pouvoir et toute sa richesse,
Quoique le Ciel en tout favorise ses voeux,
Il ne pourra jamais accomplir sa promesse.''

Aussitôt la jeune princesse
L'alla dire en tremblant à son père amoureux
Qui, dans le moment, fit entendre
Aux tailleurs les plus importants
Que s'ils ne lui faisaient, sans trop le faire attendre,
Une robe qui fût de la couleur du temps,
Ils pouvaient s'assurer qu'il les ferait tous pendre.

Le second jour ne luisait pas encore
Qu'on apporta la robe désirée;
Le plus beau bleu de l'Empyrée
N'est pas, lorsqu'il est ceint de gros nuages d'or.
D'une couleur plus azurée.
De joie et de douleur l'infante pénétrée
Ne sait que dire, ni comment
Se dérober à son engagement.
''Princesse, demandez-en une,
Lui dit sa marraine tout bas,
Qui, plus brillante et moins commune,
Soit de la couleur de la lune.
Il ne vous la donnera pas.''
A peine la princesse en eut fait la demande,
Que le roi dit à son brodeur:
''Que l'astre de la nuit n'ait pas plus de splendeur,
Et que dans quatre jours sans faute on me la rende.''

Le riche habillement fut fait au jour marqué,
Tel que le roi s'en était expliqué.
Dans les cieux où la nuit a déployé ses voiles,
La lune est moins pompeuse en sa robe d'argent,
Lors même qu'au milieu de son cours diligent
Sa plus vive clarté fait pâlir les étoiles.

La princesse, admirant ce merveilleux habit,
Etait à consentir presque délibérée;
Mais, par sa marraine inspirée,
Au prince amoureux elle dit:
''Je ne saurais être contente
Que je n'aie une robe encore plus brillante
Et de la couleur du soleil.''
Le prince qui l'aimait d'un amour sans pareil,
Fit venir aussitôt un riche lapidaire,
Et lui commanda de la faire
D'un superbe tissu d'or et de diamants,
Disant que s'il manquait à le bien satisfaire,
Il le ferait mourir au milieu des tourments.

Le prince fut exempt de s'en donner la peine,
Car l'ouvrier industrieux,
Avant la fin de la semaine,
Fit apporter l'ouvrage précieux,
Si beau, si vif, si radieux,
Que le blond amant de Clymène,
Lorsque sur la voûte des cieux
Dans son char d'or il se promène,
D'un plus brillant éclat n'éblouit pas les yeux.

L'infante que ces dons achèvent de confondre,
A son père, à son roi ne sait plus que répondre.
Sa marraine aussitôt la prenant par la main:
''Il ne faut pas, lui dit-elle à l'oreille,
Demeurer en si beau chemin.
Est-ce une si grande merveille
Que tous ces dons que vous en recevez,
Tant qu'il aura l'âne que vous savez,
Qui d'écus d'or sans cesse emplit sa bourse?
Demandez-lui la peau de ce rare animal.
Comme il est toute sa ressource,
Vous ne l'obtiendrez pas, ou je raisonne mal.''

Cette fée était bien savante,
Et cependant elle ignorait encore
Que l'amour violent pourvu qu'on le contente,
Compte pour rien l'argent et l'or;
La peau fut galamment aussitôt accordée
Que l'infante l'eut demandée.

Cette peau quand on l'apporta
Terriblement l'épouvanta
Et la fit de son sort amèrement se plaindre.
Sa marraine survint et lui représenta
Que quand on fait le bien on ne doit jamais craindre;
Qu'il faut laisser penser au roi
Qu'elle est tout à fait disposée
A subir avec lui la conjugale loi,
Mais qu'au même moment, seule et bien déguisée,
Il faut qu'elle s'en aille en quelque Etat lointain
Pour éviter un mal si proche et si certain.

''Voici, poursuivit-elle, une grande cassette
Où nous mettrons tous vos habits,
Votre miroir, votre toilette,
Vos diamants et vos rubis.
Je vous donne encore ma baguette;
En la tenant en votre main,
La cassette suivra votre même chemin,
Toujours sous la terre cachée;
Et lorsque vous voudrez l'ouvrir,
A peine mon bâton la terre aura touchée,
Qu'aussitôt à vos yeux elle viendra s'offrir.

Pour vous rendre méconnaissable,
La dépouille de l'âne est un masque admirable.
Cachez-vous bien dans cette peau,
On ne croira jamais, tant elle est effroyable,
Qu'elle renferme rien de beau.

La princesse ainsi travestie
De chez la sage fée à peine fut sortie,
Pendant la fraîcheur du matin,
Que le prince qui pour la fête
De son heureux hymen s'apprête,
Apprend tout effrayé son funeste destin.
Il n'est point de maison, de chemin, d'avenue
Qu'on ne parcoure promptement;
Mais on s'agite vainement,
On ne peut deviner ce qu'elle est devenue.

Partout se répandit un triste et noir chagrin;
Plus de noces, plus de festin,
Plus de tarte, plus de dragées;
Les dames de la cour, toutes découragées,
N'en dînèrent point la plupart;
Mais du curé sur tout la tristesse fut grande,
Car il en déjeuna fort tard,
Et qui pis est n'eut point d'offrande.

L'infante cependant poursuivait son chemin,
Le visage couvert d'une vilaine crasse;
A tous passants elle tendait la main,
Et tâchait pour servir de trouver une place;
Mais les moins délicats et les plus malheureux
La voyant si maussade et si pleine d'ordure,
Ne voulaient écouter ni retirer chez eux
Une si sale créature.
Elle alla donc bien loin, bien loin, encore plus loin.
Enfin elle arriva dans une métairie
Où la fermière avait besoin
D'une souillon, dont l'industrie
Allât jusqu'à savoir bien laver des torchons
Et nettoyer l'auge aux cochons.

On la mit dans un coin au fond de la cuisine
Où les valets, insolente vermine,
Ne faisaient que la tirailler,
La contredire et la railler;
Ils ne savaient quelle pièce lui faire,
La harcelant à tout propos;
Elle était la butte ordinaire
De tous leurs quolibets et de tous leurs bons mots.

Elle avait le dimanche un peu plus de repos
Car, ayant du matin fait sa petite affaire,
Elle entrait dans sa chambre et tenant son huis clos,
Elle se décrassait, puis ouvrait sa cassette,
Mettait proprement sa toilette,
Rangeait dessus ses petits pots.
Devant son grand miroir, contente et satisfaite,
De la lune tantôt la robe elle mettait,
Tantôt celle où le feu du soleil éclatait,
Tantôt la belle robe bleue
Que tout l'azur des cieux ne saurait égaler,
Avec ce chagrin seul que leur traînante queue
Sur le plancher trop court ne pouvait s'étaler.
Elle aimait à se voir jeune, vermeille et blanche
Et plus brave cent fois que nulle autre n'était;
Ce doux plaisir la sustentait
Et la menait jusqu'à l'autre dimanche.

J'oubliais de dire en passant
Qu'en cette grande métairie
D'un roi magnifique et puissant
Se faisait la ménagerie,
Que là, poules de barbarie,
Râles, pintades, cormorans,
Oisons musqués, canes petières
Et mille autres oiseaux de bizarres manières,
Entre eux presque tous différents,
Remplissaient à l'envie dix cours toutes entières.

Le fils du roi dans ce charmant séjour
Venait souvent au retour de la chasse
Se reposer, boire à la glace
Avec les seigneurs de sa cour.
Tel ne fut point le beau céphale:
Son air était royal, sa mine martiale
Propre à faire trembler les plus fiers bataillons.
Peau d'Ane de fort loin le vit avec tendresse,
Et reconnut par cette hardiesse
Que sous sa crasse et ses haillons
Elle gardait encore le coeur d'une princesse.
''Qu'il a l'air grand, quoiqu'il l'ait négligé,
Qu'il est aimable, disait-elle,
Et que bienheureuse est la belle
A qui son coeur est engagé!
D'une robe de rien s'il m'avait honorée,
Je m'en trouverais plus parée
Que de toutes celles que j'ai.''

Un jour le jeune prince errant à l'aventure
De basse-cour en basse-cour,
Passa dans une allée obscure
Où de Peau d'Ane était l'humble séjour.
Par hasard il mit l'oeil au trou de la serrure:
Comme il était fête ce jour,
Elle avait pris une riche parure
Et ses superbes vêtements
Qui, tissus de fin or et de gros diamants,
Egalaient du soleil la clarté la plus pure.
Le prince au gré de son désir
La contemple et ne peut qu'à peine,
En la voyant, reprendre haleine,
Tant il est comblé de plaisir.
Quels que soient les habits, la beauté du visage,
Son beau tour, sa vive blancheur,
Ses traits fins, sa jeune fraîcheur
Le touchent cent fois davantage;
Mais un certain air de grandeur,
Plus encore une sage et modeste pudeur,
Des beautés de son âme assuré témoignage,
S'emparèrent de tout son coeur.

Trois fois, dans la chaleur du feu qui le transporte,
Il voulut enfoncer la porte;
Mais croyant voir une divinité,
Trois fois par le respect son bras fut arrêté.

Dans le palais, pensif il se retire,
Et la nuit et le jour il soupire;
Il ne veut plus aller au bal
Quoiqu'on soit dans le carnaval.
Il hait la chasse, il hait la comédie,
Il n'a plus d'appétit, tout lui fait mal au coeur;
Et le fond de sa maladie
Est une triste et mortelle langueur.

Il s'enquit quelle était cette nymphe admirable
Qui demeurait dans une basse-cour
Au fond d'une allée effroyable,
Où l'on ne voit goutte en plein jour.
''C'est, lui dit-on, Peau d'Ane, en rien nymphe ni belle
Et que Peau d'Ane l'on appelle,
A cause de la peau qu'elle met sur son cou;
De l'amour c'est le vrai remède,
La bête en un mot la plus laide,
Qu'on puisse voir après le loup.''
On a beau dire, il ne saurait le croire;
Les traits que l'amour a tracés,
Toujours présents à sa mémoire,
N'en seront jamais effacés.

Cependant la reine sa mère,
Qui n'a que lui d'enfant, pleure et se désespère;
De déclarer son mal elle le presse en vain,
Il gémit, il pleure, il soupire,
Il ne dit rien, si ce n'est qu'il désire
Que Peau d'Ane lui fasse un gâteau de sa main;
Et la mère ne sait ce que son fils veut dire.
''O ciel! Madame, lui dit-on,
Cette Peau d'Ane est une noire taupe
Plus vilaine encore et plus gaupe
Que le plus sale marmiton.
-- N'importe, dit la reine, il faut le satisfaire,
Et c'est à cela seul que nous devons songer.''
Il aurait eu de l'or, tant l'aimait cette mère,
S'il en avait voulu manger.

Peau d'Ane donc prend sa farine
Qu'elle avait fait bluter exprès
Pour rendre sa pâte plus fine,
Son sel, son beurre et ses oeufs frais;
Et pour bien faire sa galette,
S'enferme seule en sa chambrette.
D'abord elle se décrassa
Les mains, les bras et le visage,
Et prit un corps d'argent que vite elle laça
Pour dignement faire l'ouvrage
Qu'aussitôt elle commença.

On dit qu'en travaillant un peu trop à la hâte,
De son doigt par hasard il tomba dans la pâte
Un de ses anneaux de grand prix;
Mais ceux qu'on tient savoir le fin de cette histoire
Assurent que par elle exprès il y fut mis;
Et pour moi franchement, je l'oserais bien croire,
Fort sûr que, quand le prince à sa porte aborda
Et par le trou la regarda,
Elle s'en était aperçue.
Sur ce point la femme est si drue,
Et son oeil va si promptement,
Qu'on ne peut la voir un moment
Qu'elle ne sache qu'on l'a vue.
Je suis bien sûr encore, et j'en ferais serment,
Qu'elle ne douta point que de son jeune amant
La bague ne fût bien reçue.

On ne pétrit jamais un si friand morceau,
Et le prince trouva la galette si bonne
Qu'il ne s'en fallut rien que d'une faim gloutonne
Il n'avalât aussi l'anneau.
Quand il en vit l'émeraude admirable,
Et du jonc d'or le cercle étroit
Qui marquait la forme du doigt,
Son coeur en fut touché d'une joie incroyable;
Sous son chevet il le mit à l'instant,
Et son mal toujours augmentant,
Les médecins sages d'expérience,
En le voyant maigrir de jour en jour,
Jugèrent tous, par leur grande science,
Qu'il était malade d'amour.

Comme l'hymen, quelque mal qu'on ne dise,
Est un remède exquis pour cette maladie,
On conclut à le marier;
Il s'en fit quelque temps prier,
Puis dit: ''Je le veux bien, pourvu que l'on me donne
En mariage la personne
Pour qui cet anneau sera bon.''
A cette bizarre demande,
De la reine et du roi la surprise fut grande;
Mais il était si mal qu'on n'osa dire non.

Voilà donc qu'on se met en quête
De celle que l'anneau, sans nul égard du sang,
Doit placer dans un si haut rang;
Il n'en est point qui ne s'apprête
A venir présenter son doigt,
Ni qui veuille céder son droit.
Le bruit ayant couru que pour prétendre au prince,
Il faut avoir le doigt bien mince,
Tout charlatan, pour être bienvenu,
Dit qu'il a le secret de le rendre menu.
L'une, en suivant son bizarre caprice,
Comme une rave le ratisse;
L'autre en coupe un petit morceau;
Une autre en le pressant croit qu'elle le rapetisse;
Et l'autre, avec de certaine eau,
Pour le rendre moins gros en fait tomber la peau;
Il n'est enfin point de manoeuvre
Qu'une dame ne mette en oeuvre,
Pour faire que son doigt cadre bien à l'anneau.

L'essai fut commencé par les jeunes princesses,
Les marquises et les duchesses;
Mais leurs doigts, quoique délicats,
Etaient trop gros et n'entraient pas.
Les comtesses, et les baronnes,
Et toutes les nobles personnes,
Comme elles tour à tour présentèrent leur main
Et la présentèrent en vain.

Ensuite vinrent les grisettes,
Dont les jolis et menus doigts,
Car il en est de très bien faites,
Semblèrent à l'anneau s'ajuster quelquefois.
Mais la bague, toujours trop petite ou trop ronde,
D'un dédain presque égal rebutait tout le monde.

Il fallut en venir enfin
Aux servantes, aux cuisinières,
Aux tortillons, aux dindonnières,
En un mot à tout le fretin,
Dont les rouges et noires pattes,
Non moins que les mains délicates,
Espéraient un heureux destin.
Il s'y présenta mainte fille
Dont le doigt, gros et ramassé,
Dans la bague du prince eût aussi peu passé
Qu'un câble au travers d'une aiguille.

On crut enfin que c'était fait,
Car il ne restait en effet
Que la pauvre Peau d'Ane au fond de la cuisine.
Mais comment croire, disait-on,
Qu'à régner le Ciel la destine?
Le prince dit: ''Et pourquoi non?
Qu'on la fasse venir.'' Chacun se prit à rire,
Criant tout haut: ''Que veut-on dire.
De faire entrer ici cette sale guenon?''
Mais lorsqu'elle tira de dessous sa peau noire
Une petite main qui semblait de l'ivoire
Qu'un peu de pourpre a coloré,
Et que de la bague fatale,
D'une justesse sans égale.
Son petit doigt fut entouré,
La cour fut dans une surprise
Qui ne peut pas être comprise.

On la menait au roi dans ce transport subit;
Mais elle demanda qu'avant que de paraître
Devant son seigneur et son maître,
On lui donnât le temps de prendre un autre habit.
De cet habit, pour la vérité dire,
De tous côtés on s'apprêtait à rire;
Mais lorsqu'elle arriva dans les appartements,
Et qu'elle eut traversé les salles
Avec ses pompeux vêtements
Dont les riches beautés n'eurent jamais d'égales;
Que ses aimables cheveux blonds
Mêlés de diamants, dont la vive lumière
En faisait autant de rayons,
Que ses yeux bleus, grands, doux et longs,
Qui pleins d'une majesté fière
Ne regardent jamais sans plaire et sans blesser,
Et que sa taille enfin si menue et si fine
Qu'avecque ses deux mains on eût pu l'embrasser,
Montrèrent leurs appâts et leur grâce divine:
Des dames de la cour, et de leurs ornements
Tombèrent tous les doux agréments.

Dans la joie et le bruit de toute l'assemblée,
Le bon roi ne se sentait pas
De voir sa bru posséder tant d'appâts;
La reine en était affolée,
Et le prince son cher amant,
De cent plaisirs l'âme comblée,
Succombait sous le poids de son ravissement.

Pour l'hymen aussitôt chacun prit ses mesures.
Le monarque en pria tous les rois d'alentour,
Qui, tous brillants de diverses parures,
Quittèrent leurs Etats pour être à ce grand jour.
On en vit arriver des climats de l'aurore,
Montés sur de grands éléphants;
Il en vint du rivage more,
Qui, plus noirs et plus laids encore,
Faisaient peur aux petits enfants;
Enfin de tous les coins du monde,
Il en débarque et la cour en abonde.

Mais nul prince, nul potentat,
N'y parut avec tant d'éclat
Que le père de l'épousée,
Qui d'elle autrefois amoureux
Avait avec le temps purifié les feux
Dont son âme était embrasée.
Il en avait banni tout désir criminel,
Et de cette odieuse flamme
Le peu qui restait dans son âme
N'en rendait que plus vif son amour paternel.

Dès qu'il la vit: ''Que béni soit le Ciel
Qui veut bien que je te revoie,
Ma chère enfant'', dit-il et, tout pleurant de joie,
Courut tendrement l'embrasser;
Chacun à son bonheur voulut s'intéresser,
Et le futur époux était ravi d'apprendre
Que d'un roi si puissant il devenait le gendre.

Dans ce moment la marraine arriva
Qui raconta toute l'histoire,
Et par son récit acheva
De combler Peau d'Ane de gloire.

Il n'est pas malaisé de voir
Que le but de ce conte est qu'un enfant apprenne
Qu'il vaut mieux s'exposer à la plus rude peine
Que de manquer à son devoir;
Que la vertu peut être infortunée,
Mais qu'elle est toujours couronnée;

Que contre un fol amour et ses fougueux transports
La raison la plus forte est une faible digue,
Et qu'il n'est point de si riches trésors
Dont un amant ne soit prodigue;

Que de l'eau claire et du pain bis
Suffisent pour la nourriture
De toute jeune créature.
Pourvu qu'elle ait de beaux habits;
Que sous le ciel il n'est point de femelle
Qui ne s'imagine être belle,
Et qui souvent ne s'imagine encore
Que si des trois beautés la fameuse querelle
S'était démêlée avec elle, elle aurait eu la pomme d'or.

Le conte de Peau d'Ane est difficile à croire;
Mais tant que dans le monde on aura des enfants
Des mères et des mères-grands,
On en gardera la mémoire.

 

Charles Perrault


proposée par manisha34

Peau d'ane

Il est des gens de qui l'esprit guindé,
Sous un front jamais déridé,
Ne souffre, n'approuve et n'estime
Que le pompeux et le sublime.
Pour moi, j'ose poser en fait
Qu'en de certains moments l'esprit le plus parfait
Peut aimer sans rougir jusqu'aux marionnettes;
Et qu'il est des temps et des lieux
Où le grave et le sérieux
Ne valent pas d'agréables sornettes.
Pourquoi faut-il s'émerveiller
Que la raison la mieux sensée,
Lasse souvent de trop veiller,
Par des contes d'ogre et de fée
Ingénieusement bercée,
Prenne plaisir à sommeiller?

Sans craindre donc qu'on me condamne
De mal employer mon loisir,
Je vais, pour contenter votre juste désir,
Vous conter tout au long l'histoire de Peau d'Ane.

Il était une fois un roi,
Le plus grand qui fût sur la terre,
Aimable en paix, terrible en guerre,
Seul enfin comparable à soi.
Ses voisins le craignaient, ses Etats étaient calmes,
Et l'on voyait de toutes parts
Fleurir, à l'ombre de ses palmes,
Et les vertus et les beaux arts.
Son aimable moitié, sa compagne fidèle,
Etait si charmante et si belle,
Avait l'esprit si commode et si doux,
Qu'il était encore avec elle
Moins heureux roi qu'heureux époux.
De leur tendre et chaste hyménée
Plein de douceur et d'agrément,
Avec tant de vertus une fille était née
Qu'ils se consolaient aisément
De n'avoir pas de plus ample lignée.

Dans son vaste et riche palais
Ce n'était que magnificence;
Partout y fourmillait une vive abondance
De courtisans et de valets;
Il avait dans son écurie
Grands et petits chevaux de toutes les façons,
Couverts de beaux caparaçons,
Roides d'or et de broderie;
Mais ce qui surprenait tout le monde en entrant,
C'est qu'au lieu le plus apparent,
Un maître âne étalait ses deux grandes oreilles.
Cette injustice vous surprend,
Mais lorsque vous saurez ses vertus nonpareilles,
Vous ne trouverez pas que l'honneur fût trop grand.

Tel et si net le forma la nature
Qu'il ne faisait jamais d'ordure,
Mais bien beaux écus au soleil
Et Louis de toute manière,
Qu'on allait recueillir sur la blonde litière
Tous les matins à son réveil.

Or le Ciel qui parfois se lasse
De rendre les hommes contents,
Qui toujours à ses biens mêle quelque disgrâce,
Ainsi que la pluie au beau temps,
Permit qu'une âpre maladie
Tout à coup de la reine attaquât les beaux jours.
Partout on cherche du secours,
Mais ni la faculté qui le grec étudie,
Ni les charlatans ayant cours,
Ne purent tous ensemble arrêter l'incendie
Que la fièvre allumait en s'augmentant toujours.
Arrivée à sa dernière heure,
Elle dit au roi son époux:
''Trouvez bon qu'avant que je meure
J'exige une chose de vous:
C'est que s'il vous prenait envie
De vous remarier quand je n'y serai plus...
-- Ha! dit le roi. Ces soins sont superflus,
Je n'y songerai de ma vie,
Soyez en repos là-dessus.
-- Je le crois bien. Reprit la reine,
Si j'en prends à témoin votre amour véhément;
Mais pour m'en rendre plus certaine,
Je veux avoir votre serment,
Adouci toutefois par ce tempérament
Que si vous rencontrez une femme plus belle.
Mieux faite et plus sage que moi,
Vous pourrez franchement lui donner votre foi
Et vous marier avec elle.''
Sa confiance en ses attraits
Lui faisait regarder une telle promesse
Comme un serment, surpris avec adresse,
De ne se marier jamais.
Le prince jura donc, les yeux baignés de larmes,
Tout ce que la reine voulut;
La reine entre ses bras mourut,
Et jamais un mari ne fit tant de vacarmes.
A l'ouïr sangloter et les nuits et les jours,
On jugea que son deuil ne lui durerait guère,
Et qu'il pleurait ses défuntes amours
Comme un homme pressé qui veut sortir d'affaire.

On ne se trompa point. Au bout de quelques mois
Il voulut procéder à faire un nouveau choix.
Mais ce n'était pas chose aisée,
Il fallait garder son serment,
Et que la nouvelle épousée
Eût plus d'attraits et d'agrément
Que celle qu'on venait de mettre au monument.

Ni la cour en beautés fertile,
Ni la campagne, ni la ville,
Ni les royaumes d'alentour
Dont on alla faire le tour,
N'en purent fournir une telle;
L'infante seule était plus belle
Et possédait certains tendres appâts
Que la défunte n'avait pas.
Le roi le remarqua lui-même
Et, brûlant d'un amour extrême,
Alla follement s'aviser
Que par cette raison il devait l'épouser.
Il trouva même un casuiste
Qui jugea que le cas se pouvait proposer.
Mais la jeune princesse triste
D'ouïr parler d'un tel amour,
Se lamentait et pleurait nuit et jour.
De mille chagrins l'âme pleine,
Elle alla trouver sa marraine,
Loin, dans une grotte à l'écart
De nacre et de corail richement étoffée.
C'était une admirable fée
Qui n'eut jamais de pareille en son art.
Il n'est pas besoin qu'on vous dise
Ce qu'était une fée en ces bienheureux temps:
Car je suis sûr que votre mie
Vous l'aura dit dès vos plus jeunes ans.

''Je sais, dit-elle, en voyant la princesse,
Ce qui vous fait venir ici,
Je sais de votre coeur la profonde tristesse;
Mais avec moi n'ayez plus de souci:
Il n'est rien qui vous puisse nuire
Pourvu qu'à mes conseils vous vous laissiez conduire.
Votre père, il est vrai, voudrait vous épouser;
Ecouter sa folle demande
Serait une faute bien grande,
Mais sans le contredire on le peut refuser.

Dites-lui qu'il faut qu'il vous donne
Pour rendre vos désirs contents,
Avant qu'à son amour votre coeur s'abandonne,
Une robe qui soit de la couleur du temps.
Malgré tout son pouvoir et toute sa richesse,
Quoique le Ciel en tout favorise ses voeux,
Il ne pourra jamais accomplir sa promesse.''

Aussitôt la jeune princesse
L'alla dire en tremblant à son père amoureux
Qui, dans le moment, fit entendre
Aux tailleurs les plus importants
Que s'ils ne lui faisaient, sans trop le faire attendre,
Une robe qui fût de la couleur du temps,
Ils pouvaient s'assurer qu'il les ferait tous pendre.

Le second jour ne luisait pas encore
Qu'on apporta la robe désirée;
Le plus beau bleu de l'Empyrée
N'est pas, lorsqu'il est ceint de gros nuages d'or.
D'une couleur plus azurée.
De joie et de douleur l'infante pénétrée
Ne sait que dire, ni comment
Se dérober à son engagement.
''Princesse, demandez-en une,
Lui dit sa marraine tout bas,
Qui, plus brillante et moins commune,
Soit de la couleur de la lune.
Il ne vous la donnera pas.''
A peine la princesse en eut fait la demande,
Que le roi dit à son brodeur:
''Que l'astre de la nuit n'ait pas plus de splendeur,
Et que dans quatre jours sans faute on me la rende.''

Le riche habillement fut fait au jour marqué,
Tel que le roi s'en était expliqué.
Dans les cieux où la nuit a déployé ses voiles,
La lune est moins pompeuse en sa robe d'argent,
Lors même qu'au milieu de son cours diligent
Sa plus vive clarté fait pâlir les étoiles.

La princesse, admirant ce merveilleux habit,
Etait à consentir presque délibérée;
Mais, par sa marraine inspirée,
Au prince amoureux elle dit:
''Je ne saurais être contente
Que je n'aie une robe encore plus brillante
Et de la couleur du soleil.''
Le prince qui l'aimait d'un amour sans pareil,
Fit venir aussitôt un riche lapidaire,
Et lui commanda de la faire
D'un superbe tissu d'or et de diamants,
Disant que s'il manquait à le bien satisfaire,
Il le ferait mourir au milieu des tourments.

Le prince fut exempt de s'en donner la peine,
Car l'ouvrier industrieux,
Avant la fin de la semaine,
Fit apporter l'ouvrage précieux,
Si beau, si vif, si radieux,
Que le blond amant de Clymène,
Lorsque sur la voûte des cieux
Dans son char d'or il se promène,
D'un plus brillant éclat n'éblouit pas les yeux.

L'infante que ces dons achèvent de confondre,
A son père, à son roi ne sait plus que répondre.
Sa marraine aussitôt la prenant par la main:
''Il ne faut pas, lui dit-elle à l'oreille,
Demeurer en si beau chemin.
Est-ce une si grande merveille
Que tous ces dons que vous en recevez,
Tant qu'il aura l'âne que vous savez,
Qui d'écus d'or sans cesse emplit sa bourse?
Demandez-lui la peau de ce rare animal.
Comme il est toute sa ressource,
Vous ne l'obtiendrez pas, ou je raisonne mal.''

Cette fée était bien savante,
Et cependant elle ignorait encore
Que l'amour violent pourvu qu'on le contente,
Compte pour rien l'argent et l'or;
La peau fut galamment aussitôt accordée
Que l'infante l'eut demandée.

Cette peau quand on l'apporta
Terriblement l'épouvanta
Et la fit de son sort amèrement se plaindre.
Sa marraine survint et lui représenta
Que quand on fait le bien on ne doit jamais craindre;
Qu'il faut laisser penser au roi
Qu'elle est tout à fait disposée
A subir avec lui la conjugale loi,
Mais qu'au même moment, seule et bien déguisée,
Il faut qu'elle s'en aille en quelque Etat lointain
Pour éviter un mal si proche et si certain.

''Voici, poursuivit-elle, une grande cassette
Où nous mettrons tous vos habits,
Votre miroir, votre toilette,
Vos diamants et vos rubis.
Je vous donne encore ma baguette;
En la tenant en votre main,
La cassette suivra votre même chemin,
Toujours sous la terre cachée;
Et lorsque vous voudrez l'ouvrir,
A peine mon bâton la terre aura touchée,
Qu'aussitôt à vos yeux elle viendra s'offrir.

Pour vous rendre méconnaissable,
La dépouille de l'âne est un masque admirable.
Cachez-vous bien dans cette peau,
On ne croira jamais, tant elle est effroyable,
Qu'elle renferme rien de beau.

La princesse ainsi travestie
De chez la sage fée à peine fut sortie,
Pendant la fraîcheur du matin,
Que le prince qui pour la fête
De son heureux hymen s'apprête,
Apprend tout effrayé son funeste destin.
Il n'est point de maison, de chemin, d'avenue
Qu'on ne parcoure promptement;
Mais on s'agite vainement,
On ne peut deviner ce qu'elle est devenue.

Partout se répandit un triste et noir chagrin;
Plus de noces, plus de festin,
Plus de tarte, plus de dragées;
Les dames de la cour, toutes découragées,
N'en dînèrent point la plupart;
Mais du curé sur tout la tristesse fut grande,
Car il en déjeuna fort tard,
Et qui pis est n'eut point d'offrande.

L'infante cependant poursuivait son chemin,
Le visage couvert d'une vilaine crasse;
A tous passants elle tendait la main,
Et tâchait pour servir de trouver une place;
Mais les moins délicats et les plus malheureux
La voyant si maussade et si pleine d'ordure,
Ne voulaient écouter ni retirer chez eux
Une si sale créature.
Elle alla donc bien loin, bien loin, encore plus loin.
Enfin elle arriva dans une métairie
Où la fermière avait besoin
D'une souillon, dont l'industrie
Allât jusqu'à savoir bien laver des torchons
Et nettoyer l'auge aux cochons.

On la mit dans un coin au fond de la cuisine
Où les valets, insolente vermine,
Ne faisaient que la tirailler,
La contredire et la railler;
Ils ne savaient quelle pièce lui faire,
La harcelant à tout propos;
Elle était la butte ordinaire
De tous leurs quolibets et de tous leurs bons mots.

Elle avait le dimanche un peu plus de repos
Car, ayant du matin fait sa petite affaire,
Elle entrait dans sa chambre et tenant son huis clos,
Elle se décrassait, puis ouvrait sa cassette,
Mettait proprement sa toilette,
Rangeait dessus ses petits pots.
Devant son grand miroir, contente et satisfaite,
De la lune tantôt la robe elle mettait,
Tantôt celle où le feu du soleil éclatait,
Tantôt la belle robe bleue
Que tout l'azur des cieux ne saurait égaler,
Avec ce chagrin seul que leur traînante queue
Sur le plancher trop court ne pouvait s'étaler.
Elle aimait à se voir jeune, vermeille et blanche
Et plus brave cent fois que nulle autre n'était;
Ce doux plaisir la sustentait
Et la menait jusqu'à l'autre dimanche.

J'oubliais de dire en passant
Qu'en cette grande métairie
D'un roi magnifique et puissant
Se faisait la ménagerie,
Que là, poules de barbarie,
Râles, pintades, cormorans,
Oisons musqués, canes petières
Et mille autres oiseaux de bizarres manières,
Entre eux presque tous différents,
Remplissaient à l'envie dix cours toutes entières.

Le fils du roi dans ce charmant séjour
Venait souvent au retour de la chasse
Se reposer, boire à la glace
Avec les seigneurs de sa cour.
Tel ne fut point le beau céphale:
Son air était royal, sa mine martiale
Propre à faire trembler les plus fiers bataillons.
Peau d'Ane de fort loin le vit avec tendresse,
Et reconnut par cette hardiesse
Que sous sa crasse et ses haillons
Elle gardait encore le coeur d'une princesse.
''Qu'il a l'air grand, quoiqu'il l'ait négligé,
Qu'il est aimable, disait-elle,
Et que bienheureuse est la belle
A qui son coeur est engagé!
D'une robe de rien s'il m'avait honorée,
Je m'en trouverais plus parée
Que de toutes celles que j'ai.''

Un jour le jeune prince errant à l'aventure
De basse-cour en basse-cour,
Passa dans une allée obscure
Où de Peau d'Ane était l'humble séjour.
Par hasard il mit l'oeil au trou de la serrure:
Comme il était fête ce jour,
Elle avait pris une riche parure
Et ses superbes vêtements
Qui, tissus de fin or et de gros diamants,
Egalaient du soleil la clarté la plus pure.
Le prince au gré de son désir
La contemple et ne peut qu'à peine,
En la voyant, reprendre haleine,
Tant il est comblé de plaisir.
Quels que soient les habits, la beauté du visage,
Son beau tour, sa vive blancheur,
Ses traits fins, sa jeune fraîcheur
Le touchent cent fois davantage;
Mais un certain air de grandeur,
Plus encore une sage et modeste pudeur,
Des beautés de son âme assuré témoignage,
S'emparèrent de tout son coeur.

Trois fois, dans la chaleur du feu qui le transporte,
Il voulut enfoncer la porte;
Mais croyant voir une divinité,
Trois fois par le respect son bras fut arrêté.

Dans le palais, pensif il se retire,
Et la nuit et le jour il soupire;
Il ne veut plus aller au bal
Quoiqu'on soit dans le carnaval.
Il hait la chasse, il hait la comédie,
Il n'a plus d'appétit, tout lui fait mal au coeur;
Et le fond de sa maladie
Est une triste et mortelle langueur.

Il s'enquit quelle était cette nymphe admirable
Qui demeurait dans une basse-cour
Au fond d'une allée effroyable,
Où l'on ne voit goutte en plein jour.
''C'est, lui dit-on, Peau d'Ane, en rien nymphe ni belle
Et que Peau d'Ane l'on appelle,
A cause de la peau qu'elle met sur son cou;
De l'amour c'est le vrai remède,
La bête en un mot la plus laide,
Qu'on puisse voir après le loup.''
On a beau dire, il ne saurait le croire;
Les traits que l'amour a tracés,
Toujours présents à sa mémoire,
N'en seront jamais effacés.

Cependant la reine sa mère,
Qui n'a que lui d'enfant, pleure et se désespère;
De déclarer son mal elle le presse en vain,
Il gémit, il pleure, il soupire,
Il ne dit rien, si ce n'est qu'il désire
Que Peau d'Ane lui fasse un gâteau de sa main;
Et la mère ne sait ce que son fils veut dire.
''O ciel! Madame, lui dit-on,
Cette Peau d'Ane est une noire taupe
Plus vilaine encore et plus gaupe
Que le plus sale marmiton.
-- N'importe, dit la reine, il faut le satisfaire,
Et c'est à cela seul que nous devons songer.''
Il aurait eu de l'or, tant l'aimait cette mère,
S'il en avait voulu manger.

Peau d'Ane donc prend sa farine
Qu'elle avait fait bluter exprès
Pour rendre sa pâte plus fine,
Son sel, son beurre et ses oeufs frais;
Et pour bien faire sa galette,
S'enferme seule en sa chambrette.
D'abord elle se décrassa
Les mains, les bras et le visage,
Et prit un corps d'argent que vite elle laça
Pour dignement faire l'ouvrage
Qu'aussitôt elle commença.

On dit qu'en travaillant un peu trop à la hâte,
De son doigt par hasard il tomba dans la pâte
Un de ses anneaux de grand prix;
Mais ceux qu'on tient savoir le fin de cette histoire
Assurent que par elle exprès il y fut mis;
Et pour moi franchement, je l'oserais bien croire,
Fort sûr que, quand le prince à sa porte aborda
Et par le trou la regarda,
Elle s'en était aperçue.
Sur ce point la femme est si drue,
Et son oeil va si promptement,
Qu'on ne peut la voir un moment
Qu'elle ne sache qu'on l'a vue.
Je suis bien sûr encore, et j'en ferais serment,
Qu'elle ne douta point que de son jeune amant
La bague ne fût bien reçue.

On ne pétrit jamais un si friand morceau,
Et le prince trouva la galette si bonne
Qu'il ne s'en fallut rien que d'une faim gloutonne
Il n'avalât aussi l'anneau.
Quand il en vit l'émeraude admirable,
Et du jonc d'or le cercle étroit
Qui marquait la forme du doigt,
Son coeur en fut touché d'une joie incroyable;
Sous son chevet il le mit à l'instant,
Et son mal toujours augmentant,
Les médecins sages d'expérience,
En le voyant maigrir de jour en jour,
Jugèrent tous, par leur grande science,
Qu'il était malade d'amour.

Comme l'hymen, quelque mal qu'on ne dise,
Est un remède exquis pour cette maladie,
On conclut à le marier;
Il s'en fit quelque temps prier,
Puis dit: ''Je le veux bien, pourvu que l'on me donne
En mariage la personne
Pour qui cet anneau sera bon.''
A cette bizarre demande,
De la reine et du roi la surprise fut grande;
Mais il était si mal qu'on n'osa dire non.

Voilà donc qu'on se met en quête
De celle que l'anneau, sans nul égard du sang,
Doit placer dans un si haut rang;
Il n'en est point qui ne s'apprête
A venir présenter son doigt,
Ni qui veuille céder son droit.
Le bruit ayant couru que pour prétendre au prince,
Il faut avoir le doigt bien mince,
Tout charlatan, pour être bienvenu,
Dit qu'il a le secret de le rendre menu.
L'une, en suivant son bizarre caprice,
Comme une rave le ratisse;
L'autre en coupe un petit morceau;
Une autre en le pressant croit qu'elle le rapetisse;
Et l'autre, avec de certaine eau,
Pour le rendre moins gros en fait tomber la peau;
Il n'est enfin point de manoeuvre
Qu'une dame ne mette en oeuvre,
Pour faire que son doigt cadre bien à l'anneau.

L'essai fut commencé par les jeunes princesses,
Les marquises et les duchesses;
Mais leurs doigts, quoique délicats,
Etaient trop gros et n'entraient pas.
Les comtesses, et les baronnes,
Et toutes les nobles personnes,
Comme elles tour à tour présentèrent leur main
Et la présentèrent en vain.

Ensuite vinrent les grisettes,
Dont les jolis et menus doigts,
Car il en est de très bien faites,
Semblèrent à l'anneau s'ajuster quelquefois.
Mais la bague, toujours trop petite ou trop ronde,
D'un dédain presque égal rebutait tout le monde.

Il fallut en venir enfin
Aux servantes, aux cuisinières,
Aux tortillons, aux dindonnières,
En un mot à tout le fretin,
Dont les rouges et noires pattes,
Non moins que les mains délicates,
Espéraient un heureux destin.
Il s'y présenta mainte fille
Dont le doigt, gros et ramassé,
Dans la bague du prince eût aussi peu passé
Qu'un câble au travers d'une aiguille.

On crut enfin que c'était fait,
Car il ne restait en effet
Que la pauvre Peau d'Ane au fond de la cuisine.
Mais comment croire, disait-on,
Qu'à régner le Ciel la destine?
Le prince dit: ''Et pourquoi non?
Qu'on la fasse venir.'' Chacun se prit à rire,
Criant tout haut: ''Que veut-on dire.
De faire entrer ici cette sale guenon?''
Mais lorsqu'elle tira de dessous sa peau noire
Une petite main qui semblait de l'ivoire
Qu'un peu de pourpre a coloré,
Et que de la bague fatale,
D'une justesse sans égale.
Son petit doigt fut entouré,
La cour fut dans une surprise
Qui ne peut pas être comprise.

On la menait au roi dans ce transport subit;
Mais elle demanda qu'avant que de paraître
Devant son seigneur et son maître,
On lui donnât le temps de prendre un autre habit.
De cet habit, pour la vérité dire,
De tous côtés on s'apprêtait à rire;
Mais lorsqu'elle arriva dans les appartements,
Et qu'elle eut traversé les salles
Avec ses pompeux vêtements
Dont les riches beautés n'eurent jamais d'égales;
Que ses aimables cheveux blonds
Mêlés de diamants, dont la vive lumière
En faisait autant de rayons,
Que ses yeux bleus, grands, doux et longs,
Qui pleins d'une majesté fière
Ne regardent jamais sans plaire et sans blesser,
Et que sa taille enfin si menue et si fine
Qu'avecque ses deux mains on eût pu l'embrasser,
Montrèrent leurs appâts et leur grâce divine:
Des dames de la cour, et de leurs ornements
Tombèrent tous les doux agréments.

Dans la joie et le bruit de toute l'assemblée,
Le bon roi ne se sentait pas
De voir sa bru posséder tant d'appâts;
La reine en était affolée,
Et le prince son cher amant,
De cent plaisirs l'âme comblée,
Succombait sous le poids de son ravissement.

Pour l'hymen aussitôt chacun prit ses mesures.
Le monarque en pria tous les rois d'alentour,
Qui, tous brillants de diverses parures,
Quittèrent leurs Etats pour être à ce grand jour.
On en vit arriver des climats de l'aurore,
Montés sur de grands éléphants;
Il en vint du rivage more,
Qui, plus noirs et plus laids encore,
Faisaient peur aux petits enfants;
Enfin de tous les coins du monde,
Il en débarque et la cour en abonde.

Mais nul prince, nul potentat,
N'y parut avec tant d'éclat
Que le père de l'épousée,
Qui d'elle autrefois amoureux
Avait avec le temps purifié les feux
Dont son âme était embrasée.
Il en avait banni tout désir criminel,
Et de cette odieuse flamme
Le peu qui restait dans son âme
N'en rendait que plus vif son amour paternel.

Dès qu'il la vit: ''Que béni soit le Ciel
Qui veut bien que je te revoie,
Ma chère enfant'', dit-il et, tout pleurant de joie,
Courut tendrement l'embrasser;
Chacun à son bonheur voulut s'intéresser,
Et le futur époux était ravi d'apprendre
Que d'un roi si puissant il devenait le gendre.

Dans ce moment la marraine arriva
Qui raconta toute l'histoire,
Et par son récit acheva
De combler Peau d'Ane de gloire.

Il n'est pas malaisé de voir
Que le but de ce conte est qu'un enfant apprenne
Qu'il vaut mieux s'exposer à la plus rude peine
Que de manquer à son devoir;
Que la vertu peut être infortunée,
Mais qu'elle est toujours couronnée;

Que contre un fol amour et ses fougueux transports
La raison la plus forte est une faible digue,
Et qu'il n'est point de si riches trésors
Dont un amant ne soit prodigue;

Que de l'eau claire et du pain bis
Suffisent pour la nourriture
De toute jeune créature.
Pourvu qu'elle ait de beaux habits;
Que sous le ciel il n'est point de femelle
Qui ne s'imagine être belle,
Et qui souvent ne s'imagine encore
Que si des trois beautés la fameuse querelle
S'était démêlée avec elle, elle aurait eu la pomme d'or.

Le conte de Peau d'Ane est difficile à croire;
Mais tant que dans le monde on aura des enfants
Des mères et des mères-grands,
On en gardera la mémoire.



proposée par manisha34

Les papillon-coeurs


Les papillon-coeurs : Une histoire écrite et illustrée par Monique Léty


Autrefois, dans un pays lointain et merveilleux, régnait le bon roi Théodore.



Celui-ci souhaitait par-dessus tout le bonheur de son unique enfant, la princesse Aimée et, bien sûr, la prospérité du royaume.

C'était aussi le pays des papillon-coeurs. Ceux-ci n'étaient pas des papillons ordinaires : leurs ailes étaient en forme de coeur.
Tous les matins chacun se posait sur une fleur, la réveillait, lui faisait sa toi
lette et en faisait une beauté. Le soir, ils les refermaient et les endormaient jusqu'au lendemain. Et si une fleur était fatiguée, son papillon la faisait dormir jusqu'au printemps suivant. Grâce à eux, il n'y avait jamais de fleur fanée dans ce beau royaume. Et le roi punissait sévèrement ceux qui faisaient du mal à ses papillon-coeurs


La princesse Aimée admirait leurs couleurs et leur grâce. C'est en carrosse qu'elle leur rendait visite, dans tout le pays.
Le cocher n'empruntait que des chemins agréables, pas de cahots, pas de boue. Il était à peine plus âgé qu'elle et toujours souriant. Mais il connaissait parfaitement l'art de mener des chevaux. Il s'appelait Léo. Son habileté et son regard franc lui valaient la confiance du roi et l'amitié de la princesse.
Mais, hélas, il n'était pas noble !


Le prince de Malriche, futur roi du pays voisin, voulait à tout prix posséder ce magnifique royaume : épouser la princesse Aimée semblait la meilleure solution. Mais il lui fallait encore convaincre ce roi Théodore qu' il appelait méchamment "le père papillon ".
Un jour, il se rendit au château pour le voir. Il croisa le carrosse de la princesse Aimée qui partait voir ses amis papillons. Avec audace il lui dit :
- Princesse, il serait bon que des mains plus nobles vous guident. Votre jeune serviteur devrait se contenter de plus basses besognes. Je vais le remplacer !
Léo s' éloigna sans aucune résistance. Il savait que ses cheveaux devineraient en ce prince, un personnage autoritaire et brutal.
Et ce fut ainsi. Dans ce carrosse mal conduit, la princesse Aimée fut bien secouée. Elle dit au prince de Malriche :
- Rentrons à présent. Je déteste les cahots. Mon cocher Léo est bien plus avisé que vous !



Quand il entendit ces mots, le prince fut profondément vexé et se saisit du fouet. Il se mit à frapper les chevaux. Ceux-ci eurent tellement mal qu'ils se cabrèrent violemment. Le carrosse se renversa.


Par chance, la princesse Aimée put en sortir précipitamment. Dégoûtée par cette aventure imprévue et dangereuse, elle lança :
- Je préfère rentrer à pied !
Léo, qui n'était pas très loin ne put s'empêcher de sourire. Heureusement le Prince ne l'avait pas vu ! Il se retourna vers le jeune homme et dit avec orgueil :
- Ces chevaux sont très mal dressés, on devine que tu es loin d'être noble, pauvre cocher ! Je vais atteler les miens au carrosse et je ferai le même parcours. Alors tu verras leur noblesse, leur vigueur, leur obéissance. J'espère que cela te servira de leçon !

Peu de temps après, il revint avec deux chevaux, certes puissants mais presque sans regard. Il les attela au carrosse.
Hélas, pour le faire, il s'aidait même du fouet ; pauvres bêtes !
Tout était maintenant prêt pour le départ. Un coup de fouet lacéra le dos des deux montures. Aussitôt le carrosse s'ébranla. Les chevaux galopaient, mais de toutes ses forces, le prince fouettait, fouettait. Une fois accompli le trajet, il revint auprès de Léo et dit avec mépris :
- Si tu peux aller encore plus vite demain, toi, le pauvre, toi, l'ignorant, toi, le rustre, et bien tu épouseras la Princesse Aimée, ma princesse.
Le roi lui-même sera là : ce père Papillon m'obéira !
Et il se mit à ricaner méchamment...


Comme le soir tombait, chacun rentra chez lui. Après un léger repas, Léo et Aimée se couchèrent, lui dans sa pauvre maison, elle dans son magnifique château.
Quand ils furent endormis, les étoiles se mirent à danser dans le ciel. Alors un petit point lumineux s'échappa de leur coeur à tous deux.
Les points d'abord minuscules se mirent à grandir et devinrent deux coeurs. Chacun avait la taille d'une aile de papillon. Les deux coeurs dorés se réunirent dans la nuit noire et formèrent un papillon-coeur sans corps.
Celui-ci voleta jusqu'à l'écurie, y pénétra et juste au-dessus des sabots des chevaux se mit à battre rapidement des ailes. Alors la poudre d'or qui les recouvrait tomba et les chevaux se sentirent devenir légers : à présent leurs sabots effleuraient à peine le sol. Mais personne ne pouvait le voir.
Pendant ce temps le prince de Malriche était retourné au château du roi Théodore pour tout lui expliquer : le lendemain, s'il ne donnait pas sa fille au vainqueur du défi, et bien ça serait la guerre!


Le lendemain, comme convenu, accompagné d'Aimée, le bon roi Théodore, fort contrarié par ce défi, arriva à l'heure exacte à l'endroit d'où partirait le carrosse.
Pour lui, le sort semblait déjà fixé, le prince de Malriche avait été si rapide ! Hélas, ce Prince ne lui plaisait pas du tout. Certes, il était immensément riche, mais si orgueilleux, si vaniteux que le bon roi préférait ne plus le rencontrer. Jamais Aimée ne pourrait être heureuse auprès de lui. Ce prince de malheur voulait se marier pour posséder le royaume et rien d'autre : il n'avait pas vraiment de coeur.
Quand au jeune Léo... il n'était pas riche bien sûr, mais Aimée et lui étaient de grands amis ! Et notre bon roi Théodore se mit à rêver
Soudain, près de lui, il aperçut Léo, debout, entre ses deux chevaux. Bizarre, leurs sabots n'avaient fait aucun bruit !
- Ils ne touchent pas terre, pensa-t-il, c'est magique !

Calmement et toujours sans bruit, Léo attela ses chevaux au carrosse.
À cet instant, la princesse Aimée se prépara à y prendre place. Galamment Léo lui tendit la main. Alors venant on ne sait d'où surgit une nuée de papillon-coeurs qui se plaça tout autour du carrosse. Ils se mirent à battre des ailes.
À présent, le lourd carrosse était devenu plus léger qu'une plume. Soudain le papillon doré sans corps apparut. Il voleta vers le roi et lui murmura à l'oreille :
- Si vous les encouragez, ils vont gagner !
Et le bon roi Théodore se mit à sourire. Il lança un regard plutôt moqueur au prince de Malriche prétentieux, avide de puissance et de gloire.
Celui-ci, qui n'avait rien remarqué, dit à Léo :
- Pauvre cocher, il fallait leur donner à manger à ces chevaux : leurs pattes maigrelettes ne tiendront pas cent mètres ! Tu as perdu d'avance petit paysan.
Mais Léo n'écoutait pas ces propos méprisants : il parlait aux chevaux qui hochaient la tête. Il les embrassa et prit sa place de cocher.

Comme convenu, le roi donna le départ. Il cria :
- Allez-y les enfants !
Sans un bruit ils partirent.
Les chevaux de Léo, filaient à la vitesse de l'éclair. Le prince de Malriche ne vit rien, n'entendit rien. C'était incompréhensible ! Dépité, il partit sans rien dire. Mais il revient sur ses pas et dit d'un ton railleur :
- Hé, père papillon, ta princesse Aimée ne mérite pas mieux qu'un cocher et n'oublie pas, demain c'est la guerre !
Puis il s'éloigna.
À peine avait-il tourné le dos que le carrosse apparut. Il s'arrêta devant le roi Théodore. Celui-ci, tout sourire, dit à Léo :
- Je te nomme prince et te donne la main de ma fille !

Mais son sourire disparut. Il annonça tristement :
- Demain c'est la guerre. Hélas nous n'avons pas d'armée pour nous défendre.
Et tous trois rentrèrent prestement.
Pourtant personne n'avait envie de dormir : ils restaient là, assis autour de la table, sans bouger, sans parler.
Soudain le papillon doré apparut. Alors une douce voix chuchota :
- N'ayez crainte tout se passera bien !
Et le papillon sans corps voleta au-dessus du roi Théodore, du prince Léo et de la princesse Aimée. Un peu de poudre d'or tomba sur chacun d'eux. Alors leur coeur devint léger, léger...
Et la nuit passa tranquillement...
Face au château, posés sur la cime des arbres, les papillon-coeurs veillaient.


Le matin, au réveil, le bon roi Théodore regarda de loin par sa fenêtre. C'était incroyable. Un haut mur protégeait à présent son royaume.
Il prit sa longue vue et observa cet étrange rempart. Il était uniquement fait de milliards de papillon-coeurs. Ils se tenaient là, ailes écartées, magiquement immobiles.
Chaque fois qu'un boulet de canon criminel tentait de franchir ce fragile rempart, ils se mettaient à battre rapidement des ailes. Aussitôt un nuage de poudre colorée enveloppait le projectile destructeur. En peu de temps le boulet n'était plus qu'un ballon coloré, bien plus léger qu'un papillon.
Les ballons s'élevèrent dans le ciel. La nuit tombée ils devinrent de magnifiques étoiles filantes : des vertes, des rouges, des bleues. Le spectacle était magnifique.
Complètement ahuris, le prince de Malriche et ses soldats regardaient béatement le ciel ; à présent ils ne pouvaient plus bouger. Ils s'étaient transformés en rochers tant la surprise avait été grande.



Le roi Théodore, ainsi qu'Aimée et Léo, poussèrent un énorme soupir de soulagement : il n'y avait pas eu de guerre.
À cet instant chaque papillon-coeur regagna sa fleur et la vie reprit encore plus belle qu'avant !


FIN




proposée par Monique Lety

Sorcifée

Une histoire écrite et illustrée par Monique Léty
conseillée par un internaute québécois





Très loin d'ici, tout au bout du ciel, là-bas, derrière les étoiles, était la minuscule planète Sorcifée. Son soleil était carré et les étoiles étaient roses.
Elle n'était pas ronde comme la terre, mais plate comme une pièce de monnaie, avec un trou au milieu. Du même côté vivaient les enfants et les fées, de l'autre, les sorcières la tête en bas.
Sorcières et fées sont bien différentes quand elles sont grandes, mais petites on les confond : c'est si mignon un enfant!
Un beau jour deux fillettes s'ennuyaient. L'une s'appelait Radacana, l'autre Jolie. Elles décidèrent de jouer ensemble. Le jeu s'appelait "la boite d'allumettes".



Comment se passe le jeu:
Celle qui joue devient minuscule. L'autre, qui est restée grande, l'enferme dans la boite d'allumettes. Le but du jeu c'est d'en sortir. C'est possible, à condition de trouver une allumette dans la boite, sinon on ne peut plus l'ouvrir.
Radacana dit :
- Surtout il faut bien compter les allumettes!
Jolie ajouta :
- Quand il n'y en aura plus on arrêtera tout de suite le jeu.



Et Jolie commença : elle devint toute petite.
Radacana la plaça doucement dans la boite et posa celle-ci par terre.
Aussitôt elle se mit à compter :
- Un, deux, trois!
Et hop! Jolie apparut. La boite ne s'était pourtant pas ouverte! Quelle féérie!
Jolie volait dans un petit nuage d'étoiles. Elle tenait à la main comme une baguette magique.
Doucement elle redescendit sur le sol. Alors elle redevint grande et la baguette magique redevint la vulgaire allumette qu'elle était. Elle s'enflama et disparut.




Puis ce fut le tour de Radacana.
Elle aussi se fit toute petite. Jolie l'enferma délicatement dans la boîte et compta :
- Un, deux, trois!
Et hop! La boîte s'ouvrit. Radacana se tenait à califourchon sur une allumette comme sur un balai de sorcière. Elle atterrit, descendit de l'allumette. Celle-ci brûla et disparut. Alors Radacana redevint grande

Radacana et Jolie riaient de joie.
Elles recommencèrent



Tout se passait bien. Radacana et Jolie n'étaient que deux ravissantes petites filles qui jouaient et riaient.
Elles avaient oublié que le jeu était dangereux. Il fallait absolument compter les allumettes et arrêter immédiatement le jeu s'il n'en restait plus.
Le temps passait.
C'était bizarre : Radacana grandissait beaucoup plus vite que Jolie. Il faut savoir sur que la planète Sorcifée les sorcières grandissent plus vite que les fées.
Quelle horreur! Radacana était donc une méchante sorcière!
Elle n'avait plus qu'une envie : enfermer Jolie dans la boîte!


C'était au tour de Radacana maintenant. Elle devint toute petite et Jolie l'enferma dans la boîte.
Dedans il ne restait plus que deux allumettes. Radacana décida de les prendre toutes les deux et d'en faire son balai. Ainsi, la prochaine fois, Jolie resterait enfermée! Elle sortit donc de la boîte à califourchon sur un gros balai.
Elle était contente d'elle. Elle se posa. Les deux allumettes s'enflammèrent et disparurent.
Jolie n'avait rien remarqué. Elle pensait qu'il restait encore une allumette dans la boîte!



C'était au tour de Jolie maintenant.
En toute confiance elle se fit toute petite. Alors Radacana devint horrible : elle la saisit brutalement de sa main aux ongles crochus, ouvrit la boite et l'y jeta.
Jolie perdit connaissance. Alors rententit un méchant rire de sorcière : la boite se refermait solidement.


Radacana s'approcha du bord de la planète Sorcifée et donna un coup de pied dans la boîte d'allumettes.
Celle-ci tomba dans le vide. Elle devenait de plus en plus petite. Bientôt on ne la vit plus.



Radacana était à présent devenue une vraie sorcière.
Elle, la méchante, ne pouvait plus rester chez les fées et les enfants
La nuit venue, comme les autres, elle fut aspirée par le trou de la planète et, collée la tête en bas, près d'une autre sorcière




Personne ne savait ce qui les attendaient.
Souvent elles tombaient dans le vide.



Et depuis longtemps Jolie tombait.
L'univers est si grand !
Mais, dans sa petite boîte, elle avait eu le temps de se transformer en une fée puissante et magnifique.
Un beau matin, la boîte s'approcha de la planète terre.
Qu'allait-il donc se passer ?


Dans sa boîte Jolie ne voyait rien. Elle était encore tout endormie.
Tout à coup, la boîte heurta quelque chose.
Jolie se réveilla. Bizarre ! Tantôt elle avait la tête en bas, tantôt le ventre en l'air. Bref, quelqu'un devait remuer la petite boîte.
Soudain ce quelqu'un ouvrit la boîte. Jolie vit alors deux grands yeux larmoyants qui la regardaient avec curiosité
Elle demanda aussitôt :
- Pourquoi tu pleures?
L'enfant répondit :
- Je suis une petite fille pas comme les autres. Personne ne veut plus jouer avec moi. Je ne peux plus marcher. Ils sont tous partis. Papa et maman m'aimeront quand même?
Elle se remit à sangloter.


Alors Jolie encore toute petite sortit doucement de la boîte et se transforma en une grande et belle dame. La fillette ne pleurait plus et regardait bouche bée.
Jolie lui demanda :
- Comment t'appelles-tu ?
- Moi c'est Manon, répondit la fillette. Et elle ajouta :

- T'es qui toi? Un ange ?
- Non répondit Jolie. Je suis une fée. Dis-moi quel est ton plus beau rêve?
Manon répondit en souriant :
- Voler comme un oiseau.




D'un coup de baguette magique, elles devinrent deux magnifiques oiseaux blancs qui s'envolèrent tout là-haut dans le ciel.
Manon oublia ses larmes et fit un merveilleux voyage.



FIN





proposée par Monique Lety

Cachou le cachalot





Autrefois, loin d'ici, il y avait un petit port bien tranquille.

On l'appelait Port-Écume.

C'était le refuge de nombreux bateaux de pêche.


En effet d'imposants rochers le protégeaient des assauts d'une mer démontée et donc blanche d'écume.

Il abritait un cachalot du nom de Cachou.

C'était une sorte de baleine à l'énorme tête, assez puissante pour affronter ces flots déchainés.


Chaque fois qu'une vague se jetait furieusement sur un navire de Port-Écume, comme par magie, il était là et se mettait tout contre sa coque.

Sa force rendait le bateau invincible. Il ne chavirait pas.

 



À Port-Écume tout le monde aimait Cachou, sauf le capitaine Tempête.

Ce capitaine se prenait pour le roi des océans.

Il avait appelé son navire l'Excellente et partait en mer seulement par gros temps.

Lorsqu'il rentrait au port, il n'oubliait jamais de se vanter de ses exploits.

Par contre il oubliait de dire que ses marins étaient les plus courageux du port.

Et, bien sûr, il n'admettait pas l'existence de Cachou, le sauveur des marins de Port-Écume.

C'était lui et lui seul qu'il fallait admirer.

Un beau jour, des vagues rugissantes frappaient les rochers.

Le vent hurlait à la mort.


Mais, dans le port, tout était calme. Les rochers protecteurs semblaient être encore plus énormes.


Soudain, le capitaine se mit à crier :


- Tous au bateau ! Moi, le fameux capitaine Tempête, je vous ramènerai ici sains et saufs après une très bonne pêche.

- Les autres capitaines eux, sont trop peureux !

Puisqu'ils faisaient entièrement confiance à Cachou, les matelots obéirent. Mais ils pensaient tous que c'était de la folie pure, qu'ils ne pourraient aller bien loin.

Toutes voiles dehors, l'Excellente franchit le petit espace qui permettait de sortir de Port-Écume.



Aussitôt des vagues agressives s'attaquèrent au bateau. Cachou, lui, se laissait bercer par cette mer furieuse.

En voyant l'Excellente il se dit :

- Mais, ce capitaine Tempête est complètement fou ! Son bateau va sûrement couler. Partons vite aider les courageux marins. Plus ça va, plus je le déteste cet imbécile de capitaine !


Celui-ci, confortablement installé dans sa cabine, se moquait éperdument du danger.


Soudain un matelot entrouvrit un peu la porte. Il dut crier pour se faire entendre. Le vacarme extérieur était trop assourdissant. Il disait :

- On veut replier la voile, mais elle ne se décroche pas. Le bateau ne résistera pas longtemps. On va tous mourir !

Fou de rage, le capitaine Tempête hurla :


- Bande de dégonflés, demandez au matelot qu'on appelle Brave de monter en haut du mat réparer la voile. C'est pas compliqué ! Dépêche-toi pauvre imbécile ! Et en partant, ferme bien la porte ! Luttant contre les puissantes rafales de vent qui balayaient le pont, le matelot rejoignit le Brave. Il lui transmit l'ordre du capitaine.

À ces mots le Brave fronça les sourcils et ses yeux se durcirent.

Il évalua la hauteur du mat, puis regarda les vagues menaçantes. Enfin, il observa ses amis matelots, sans cesse bousculés par d'énormes paquets de mer.


- D'accord, répondit-il, mais c'est seulement pour vous que je risquerai ma vie, pas pour notre orgueilleux capitaine !


Aussitôt il agrippa fermement le mat et entreprit une escalade périlleuse. En effet, le bateau était le jouet du vent et des vagues. Il tanguait dangereusement.

Heureusement, après de multiples efforts, le Brave atteignit le sommet du mat, là où étaient accrochées les voiles. Il commença le travail quand soudain, le pire arriva. Le Brave tombait dans la mer déchainée.


Un seul homme ricanait de satisfaction, c'était le capitaine Tempête. Par le hublot de sa cabine il observait la scène tragique.

- Maintenant, pensait-il, je suis le seul maître à bord.

Pour se moquer de celui qui tombait dans les vagues monstrueuses, il eut juste le temps de crier :

- Si tu remontes tu seras capitaine, et moi je brosserai le pont !

Il cria si fort que tout le monde entendit; tous les autres matelots et leur ami Cachou.

Fidèle, il était là, mais personne ne le savait.


Dans sa chute le Brave n'entendait rien. Ses yeux effrayés voyaient seulement l'eau noirâtre qui se rapprochait.

Les vagues cruelles se préparaient à l'engloutir. La mer semblait se lécher les babines.

Il se mit alors à crier de peur et de désespoir. Il allait rentrer dans ce gouffre mortel lorsqu'il vit, juste au-dessous de lui, deux grands yeux attendrissants qui lui disaient :

- N'ai pas peur. Je suis là !

Il reconnut aussitôt Cachou, le sauveur des marins de Port-Écume. Afin d'amortir le choc, ce dernier s'enfonça légèrement dans l'eau. En effet, celle-ci freina la chute du Brave qui atterrit en douceur sur le dos de Cachou. Puis il remonta à la surface pour permettre au Brave de respirer.

Peu à peu, celui-ci reprenait ses esprits. Pour le remercier il tenta d'enlacer son sauveur, mais un cachalot c'est vraiment trop gros ! Aussi, il se contenta de lui tapoter la tête.

Cachou était tout ému de sentir les remerciements du Brave. Mais il voulait en faire encore plus. Il lui dit :


Pour être sûr de la position du Brave, Cachou retourna sa grosse tête et le marin lut dans ses yeux tant d'amitié, tant de solidarité qu'il lui dit :

- Tu es le meilleur ami des marins de Port-Écume. Là-bas tout le monde t'aime.

Cachou répondit en riant :





Au même instant le capitaine Tempête réunit tous ses marins. Il voulait sans doute les réconforter après la noyade accidentelle du Brave. Il ne put rien dire. Il n'avait en face que des regards tristes et pleins de colère. Tous les membres de l'équipage s'avançaient vers lui, menaçants : un autre orage grondait tout près de lui.

Le capitaine Tempête n'en menait pas large. Il était seul, tandis que les matelots étaient trois. En plus tous étaient grands et forts. Bref, il fallait un miracle pour sauver l'orgueilleux capitaine.

Soudain, le Brave, comme venu de nulle part, atterrit là au milieu d'eux. Alors tous les marins se mirent à hurler de joie et à crier :

- Vive le capitaine Courage !


Un marin ajouta :

- Allez, allez Tempête ! On prend la brosse et on nettoie le pont ; allez ! Plus vite que ça !




Tous les marins souriaient. Le vent chantait, les vagues caressaient doucement le navire. Alors le Brave, qu'on appelait maintenant le capitaine Courage, prit la parole et dit d'une voix ferme :

- Ce n'est pas moi qu'il faut féliciter mais notre ami Cachou. Sans lui, je serais mort !

Alors tous les matelots s'accoudèrent à la rambarde et ensemble scandèrent:

- Cachou! Cachou! Cachou!

Mais notre gros poisson était trop modeste. Ils ne le voyaient pas. Il se blotissait là, tout contre la coque. Seules pouvaient le distinguer les mouettes qui volaient au raz des vagues.



Mais le calme ne dura pas.

Le vent et les vagues se déchainaient à nouveau. Ils s'acharnaient de plus en plus méchamment sur l'Excellente. Le bois de sa coque se mit à craquer. Le retour au port s'imposait.

Mais comment faire?

Les matelots avaient peur : Cachou, le sauveur des marins de Port-Écume n'était plus avec eux, croyaient-ils. Seul le capitaine Courage savait.

Cachou se camouflait là, presque sous le navire.

Sous les yeux admiratifs des marins il courut à la rambarde et, au moyen d'une corde solidement fixée au bateau, il se laissa glisser au niveau des vagues.



Quand il toucha l'eau, Cachou apparut.

Tranquillement bercé par les flots puissants que sa présence semblait intimider, il attendait. Courage ne peut crier qu'un mot :

- Port-Écume!

Aussitôt les vagues se mirent à l'attaquer. Cachou indifférent à leur force répondit:

- D'accord, remonte et lance la corde!

Courage remonta sur le bateau avec mille misères, expliqua la situation aux marins.

Tous poussèrent un soupir de soulagement : ils étaient tous sauvés maintenant.

Sans plus attendre ils lancèrent la corde à Cachou. Les vagues hargneuses et mauvaises ne purent rien contre ce navire qui déjouait tous leurs pièges. Il faisait inéxorablement route vers Port-Écume que de solides rochers protégeaient de leurs perpétuels assauts.


Enfin on put apercevoir la côte.

On aurait dit que les énormes rochers qui protégeaient l'entrée de Port-Écume s'écartaient pour mieux laisser passer l'Excellente.

Groupées sur le quai, les familles des matelots attendaient, inquiètes. Elles en voulaient à ce présomptueux capitaine Tempête : mais, à leur grande surprise apparut un autre capitaine : le capitaine Courage que l'équipage portait triomphalement. Il leur raconta, en détail, leur aventure et les prouesses de Cachou.

Émerveillée la foule se mit à scander :

"Vive Cachou! Bravo courage".

Mais où était-passé Cachou?

À l'entrée du port, on pouvait voir quelque chose qui rougissait, qui rougissait...

Mais on entendait aussi quelqu'un qui brossait le pont de l'Excellente...





proposée par Monique Lety

Le pere noel

Ca y est ! C’est enfin arrivé : c’est aujourd’hui Noël !

Comme il est heureux le petit Lucas !
Secrètement, la nuit passée, le Père Noël a déposé de nombreux cadeaux sous le sapin. Il les a découverts ce matin au réveil. Ensuite, toute la journée, il n’a cessé de jouer et de courir. Maintenant, en fin d’après-midi, il est complètement épuisé.
Sans rien dire, il s’en va dormir.
Hélas, il laisse tous ses nouveaux jouets traîner. Une fois de plus, sa maman se voit obligée de ramasser tous ses cadeaux éparpillés.
Malgré sa fatigue, elle entasse, dans une grande corbeille rouge, des ballons, un ours en peluche, des anneaux, des cartes à jouer disséminées par ci par là, une boite de dominos et encore d’autres babioles. Ensuite, elle réunit les boîtes vides.
Enfin elle apporte la corbeille pleine dans la chambre de Lucas, ainsi que le tas de boîtes vides. Il n’y a plus qu’à espérer que Lucas range chaque jouet dans sa boîte respective : un si petit effort !
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Pendant que sa maman travaille, Lucas s’est profondément endormi : il n’a rien vu, rien entendu…
Soudain, après le départ de sa mère, dans l’obscurité de la nuit, tout s’anime.
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Les jouets de la corbeille, cabossés et meurtris, se mettent à pleurer et soupirer. Mais ils ne veulent pas réveiller Lucas…
Il faut prêter une oreille très attentive, si on veut comprendre leur chuchotis :
On entend des « - Ah tu m’écrases ! »
Ou encore des « - Eh ! Tu m’étouffes ! »
Et même des « - Oh ! c’est la faute à Lucas ! »
Bref tous semblent malheureux.
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Tout à coup, quelque part dans la corbeille, les quatre valets du jeu de cartes (celui de pique, celui de cœur, celui de carreau et celui de trèfle) descendent de celles-ci.
En chœur, ils se mettent à grommeler doucement : « on va donner une bonne leçon à ce galopin de Lucas ! »
Les jouets ont confiance en ces quatre gaillards. On aurait dit quatre gymnastes : deux d’entre eux se hissent sans effort sur le bord supérieur de la corbeille, tandis que les deux autres se faufilent par les trous du bas et s’évadent aisément de leur prison.
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Ils vont alors chercher le coussin le plus ventru et le plus moelleux qu’ils trouvent et le poussent au pied de la corbeille.
Tout est prêt : la révolte des jouets peut maintenant commencer.
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Un par un, aidés par les deux solides valets de trèfle et de cœur, les jouets apeurés se juchent sur le rebord de la corbeille. De là, la vue leur semble vertigineuse. Mais, poussés par les valets, ils ne peuvent que se laisser tomber dans le vide.
Heureusement, en bas, sur le coussin, les deux autres valets, ceux de pique et de carreau, amortissent leur chute.
C’est dur, mais c’est le prix à payer pour que notre petit garnement comprenne qu’il faut ranger ses jouets avant d’aller dormir.
D’un commun accord ceux-ci ont décidé de lui faire faire un mauvais rêve très instructif.
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Tout d’abord les valets dispersent les jouets sur le sol. Puis, ils s’en vont. Quant aux jouets, ils font le mort…
Alors tout redevient calme et silencieux. Plus rien ne bouge.
Lucas semble bien à l’abri dans son lit douillet.
Mais il ne faut pas oublier que les cartes à jouer sont là, quelque part dans la corbeille.
Et voilà que soudain, apparaît l’as de pique : aussitôt il se met à grandir, tout en prenant un air sévère et autoritaire.
Les quatre valets, revenus avec les dominos, se rangent près de lui.
Maintenant l’atmosphère devient lourde et menaçante. On dirait un régiment prêt à donner l’assaut.
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Sèchement l’as de pique appela : Ici, Transpa !
Quel nom bizarre !
Aussitôt Lucas, qui est encore tout endormi, semble se dédoubler.
Un autre petit gars, de même taille, de même âge, se tient à présent debout au pied du lit. Il a l’air très contrarié par ce réveil brutal.
On ne peut pas le voir nettement. C’est étrange, il est presque transparent (d’où son nom) et fin comme une feuille de papier…
On dirait quelque chose de léger, d’impalpable : peut-être un rêve ou plus exactement un mauvais rêve ? En effet ce Transpa semble de fort mauvaise humeur.
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L’as de pique semble le connaître et lui dit d’un ton autoritaire :
-Tu as voulu dormir, mon p’tit Transpatounet, au lieu de tenir Lucas éveillé et de l’aider à ranger ses jouets, comme convenu.
Eh oui ! Je vais devoir vous punir tous les deux !
Au boulot !
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Transpa n’est pas méchant du tout, mais il ne craint pas les autres  si on lui fait mal, il n’a pas le temps de sentir quelque chose puisqu’il est mince et transparent : la douleur ne fait que le traverser et c’est le pauvre Lucas qui la ressent !
D’où une attitude effrontée, sauf devant l’as de pique !

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Sur l’ordre de celui-ci, nos quatre valets partent chercher un des jouets.
Ensuite ils appellent Transpa et le lui tendent… Celui-ci s’en saisit de fort mauvaise grâce, mais ne sait trop quoi en faire ou plutôt n’a envie de rien faire !
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Alors les dominos s’avancent vers Transpa.
Debout, ils forment une ligne qui va jusqu’à la boîte où le jouet doit être rangé.
Transpa refuse de bouger.
Eh bien, pour mieux marquer les chemins et donner le signal de départ, les dominos se laissent tomber l’un par dessus l’autre.
Transpa buté, ne bouge toujours pas.
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Voyant la mauvaise volonté de Transpa, l’as de pique s’approche. Il n’a aucun mal à faire avancer Transpa sur la route tracée par les dominos : une petit piqûre aux fesses et le tour est joué. Transpa est seulement un peu bousculé mais ça suffit pour le faire avancer, tant il est fragile et léger. Mais, il n’avait fait qu’un pas.
Et l’as de pique repique, jusqu’à ce que Transpa arrive à la boîte. Là, Transpa fait ce que Lucas aurait dû faire : ranger le jouet.
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Puis, l’as de pique, d’un air menaçant le fait reculer jusqu’au point de départ. Et, tant que les valets trouvent des jouets abandonnés, tout recommence : les dominos tracent d’autres chemins vers d’autres boîtes et d’autres jouets sont rangés.
Et l’as de pique repique !
Pauvre Lucas… quant à lui, il fait un très mauvais rêve.

Une fois le travail terminé, les valets regagnent leurs cartes et les dominos se rangent dans leur boîte.
L’as de pique, lui redevient tout petit et rejoint tranquillement sa carte, tout inoffensif.
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Il ferme les yeux, puis la bouche

Et s’endort.
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Transpa aussi se recouche aux côtés de Lucas, sans le réveiller bien sûr, et devient totalement transparent : c’est ainsi qu’il disparaît.
Le lendemain matin, Lucas se réveille tout endolori : il a l’impression d’avoir fait un très mauvais rêve. Comme s’il y avait eu un hérisson dans son lit !
Quelque chose l’avait piqué toute la nuit durant, pour le forcer à ranger ses jouets.
Et la nuit se termine tranquillement comme si rien ne s’était passé.
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Heureusement, il a maintenant à ses côtés, l’ours en peluche qu’il aime tant. Qui le lui a apporté ? Personne ne le saura jamais !
Lucas, lui, ne se pose pas de questions, mais se serre tendrement contre l’ours et dit :
- Je ne te laisserai jamais plus traîner, ce n’est pas à maman de te ramasser !

Fin


proposée par saraiva

Le conte inachevé (début de l'histoire)

C'était l'hiver, l'hiver qui tremblait à gros flocons de neige tombant en silence
dans la claisière et la forêt .
Comme de petites houpettes de coton les flocons se rangeaient sagement
les unes près des autres, puis s'entassaient ensuite en une nouvelle couche .
Et jeu à jeu, l'épaisseur... s'épaississait, le silence se faisait plus... silencieux
et le froid plus froid, coupant comme un sabre de cuirassier !
Au loin de la clairière, non loin du grand chêne qui étirait ses branches tortueuses
comme de gros serpents, était plantée une maison de bois .
De gros rondins formaient les murs percés de petites fenêtres d'où s'échappait
une lumière dorée à reflets orangés .
Cette lumière semblait danser contre les vitres bleuies par le froid, preuve qu'il y
avait du feu dans la maison et, sans doute ,quelqu'un qui y vivait.
D'ailleurs on voyait passer , pafois ,une ombre entre les flammes et la fenêtre dont
les petits carreaux pleuraient ,à l'extérieur,une neige amollie par la chaleur du foyer.

Si vous étiez un petit écureuil, animal curieux à la queue en panache, vous auriez
pu, par petits bonds, vous approcher et glisser un regard à l'intérieur.Et vous auriez
vu, tout de suite, que cette histoire ne se passe pas à notre époque.
-Pourquoi ; me diriez-vous. Mais parce qu'il n'y avait ni poste de télévision, ni
ordinateur, ni radio, ni C Dni...en fin rien de de se que nous venons d'inventer :
pas de four micro-onde ou a gaz mais le feu qui pétillait, à l'aise dans sa cheminée
de pierre ; pas de casserolles «en alu» mais une rangée de plats et de récipients de
cuivre qui brillaient comme des casques de pompier !
Et au milieu de tout ça un petit garçon – ou petite fille, car on ne voyait pas bien de
l'exterieur à cause de la buée allait et venait préparant  une bonne soupe dont l'odeur
appétisante se glissait entre les rondins et chatouillait les narines, me diriez-vous.
Bien sûr c'est une façon de parler; mais...allez donc savoir!Tout ça pour vous dire que
ça sentait rulement bon!
En tout cas le petit chat gris,perché sur une chaise basse, hunait,lui aussi,l'audeur
alléchaute,en sortant,parfois,sa petite langue rose.

*
Soudain le petit garçon /ou la petite fille / ,   dressa L'oreille, lâcha frusquement
l'écumoire qui fit «plouf « dans le boiullonen aspergeant les bûche qui grésillésent
« tss tss tss tssss ,et attrapant  son cache-nez rouge il se précipita dehors comme un fou.
Pourquoi ???
Quel bruit fantastique, quel épouventable cri d'animal, quel craquement affreux, quelle
lueur sinistre avait-il entendu ou vu ?
Je n'en sais rien. Mais vous qui savez tout (hum), ou presque,
VOUS ALLEZ ME LE DIRE. A VOS CRAYONS! ECRIVEZ LA SUITE. JE VOUS ECOUTE!...

Jean Bernadac                                                                                                                                                                                                                               
Cette histoire est le point de départ pour des enfants de Cycle 3 d'un congrès de jeunes écrivains.
Chaque classe du secteur de Sablé-sur-Sarthe (72) a inventé une suite et devait lors du congrès mettre en scène leur histoire.

A toi de lire les différentes suites...


proposée par Jean Bernadac

Le buisson de la peur (suite du conte inachevé) (Ecole Sablé)

Arouen, la petite fille, sortit de la maison  avec une louche à la main et son écumoire sur la tête . Elle se sentait ainsi, rassurée. Elle voulut voir de ses propres yeux ce qu’elle avait entendu. Elle vit au sol des empreintes un  peu bizarres  comme des traces d’insectes géants. Elle prit son écumoire et se prépara à se défendre en cas d’attaque de la créature. Elle suivit les empreintes qui l’emmenèrent en dehors de la clairière jusqu'à un immense buisson. Celui-ci vibrait. Lorsqu’elle s’approcha, elle ressentit sur son visage un courant d’air et une odeur atroce. A ce moment là, elle sursauta car elle entendit à nouveau le bruit qu’elle avait perçu dans sa maison. Elle voulut se cacher en se camouflant avec des branchages du buisson. Mais elle fit  un trou dans le buisson et vit la bête dont elle avait eu si peur. Elle fut surprise de voir une bête endormie qui ronflait très fort. Tellement fort qu’on l’entendait à travers toute la clairière .C’était donc ça le fameux bruit ! Elle s’approcha à pas de souris, mais tout à coup, elle trébucha à cause d’une pierre et tomba nez à nez avec la bête. Celle-ci dormait toujours. Arouen observa la bête de près. Mais qu’était-ce ? Après plusieurs minutes d’observation, elle en déduit qu’elle était en face d’un insecte encore jamais vu sur terre : peut-être était-ce un scarabée géant, avec un mélange de mouche, des yeux rouge, et des pinces noires toutes poilues. Soudain, il se réveilla. Arouen et la bête prirent peur tous les deux. Ils se mirent à courir dans tous les sens tout en regardant derrière eux. Tout à coup, BING, BANG, BOUM ! Ce fut le choc. Arouen voltigea en l’air et atterrit sur une branche tortueuse du grand chêne. La bête reprit ses esprits et entendit Arouen qui hurlait « Au secours, au secours, je veux descendre ». La bête poussa un grognement et se précipita vers le grand chêne à toute allure. La bête grimpa à l’arbre, prit Arouen entre ses pinces crochues ! Arouen bougeait vivement. Elle supplia la bête de ne pas la dévorer. La bête ricana comme une canne. Une fois descendue la bête la lâcha et Arouen comprit alors que la bête ne lui ferait aucun mal. Arouen fit comprendre à la bête de venir avec elle jusque dans sa maison pour le soigner de sa blessure du choc. Quelques jours plus tard, Arouen entendit à nouveau le bruit étrange, elle sortit dehors et vit une nouvelle grosse bête et ses petits qui construisaient leur nid au beau milieu de la clairière. C’était la famille du scarabée. Lui même se reposait au pied du grand chêne. Sans doute que cette famille de scarabée géant se plaisait bien auprès de chez Arouen. Ils se virent tous les jours et vécurent ensemble sans problème, si ce n’est un petit inconvénient sonore !


proposée par Aurélie

Mortie et la fillette (suite du conte inachevé) (Ecole d'Auvers le Hamon)

Mortie et la fillette  

 

Où la fillette découvre une horde d'étoiles.  

 

            Une fine lumière bleue s'approcha et devint de plus en plus grosse. Soudain, la lumière prit une forme; une forme pas plus grande que son index. On aurait dit un humain miniature. Tout à coup, je ne sais pas pourquoi, la créature disparut. La petite fille rentra chez elle, regarda par la fenêtre et s'endormit. Nous en sommes ici, c'était la nuit. Aucune étoile n'était visible dans le ciel. Un petit bruit troubla le sommeil de la fillete. La petite ouvrit la porte, elle ne vit rien. Soudain, une lueur lui tira les cheveux. La lumière tira de toutes ses forces. Tout à coup, la fillette éternua: « AAatchoum! » La créature fut projetée. C'est alors que la lueur grandit, prit la forme humaine et dit: « Petite, prends le chemin des étoiles, elles te guideront! »  

 

Où elle découvrit une mine secrète.  

 

            La petite ne désobéit pas. Tout à coup, une étoile bougea. La fille fut très étonnée et la suivit. L'étoile l'emmena très loin. Soudain, elle tomba nez à nez avec une statue de diamants. Elle était horrible. La fillette hurla de peur et en reculant tomba dans une mine abandonnée.  

 

« Ouah!!! »dit-elle. Devant elle se tenait un mur de terre plein de rubis, de saphir et de diamants. Elle entra dans une pièce que l'étoile lui avait montrée. Cette pièce était remplie de wagons, de rails, de pelles et de pioches. Puis l'étoile s'éteignit.  

 

Où la fillette rencontre un ogre (oui presque)  

 

            Soudain, elle vit une ombre cruelle. Elle ressemblait à un ogre. Un ogre? Me direz-vous ça n'existe pas. Allez donc savoir??? L'ogre s'approcha de plus en plus. Il ressemblait fortement à la staute de diamants. La fillette était figée. Derrière lui, une multitude de lutins étaient enchainés. Soudain la petite recula et trébucha sur une pierre.  

 

Où l'on découvre ce que la petite fille aurait préféré ignorer.  

 

            L'ogre l'attrapa et l'emmena dans un royaume inconnu. Ce royaume était sombre, vieux et délabré. Le pire c'est qu'il était immense. Des gardes surveillaient toutes les portes. Le royaume était dirigé par la reine Mortie. Elle ne pensait qu'à exécuter. Elle était égoïste et voulait à tout prix gouverner le monde. C'est pour être la seule femme du royaume qu'elle se faisait un plaisir de tuer les petites filles. La reine arriva devant la prisonnière et dit: 

 

« Je ne veux plus voir ce visage misérable, guillotinez-la! » 

 

            Les gardes se moquèrent de la fillette. Le lendemain, à l'aube, le grand bourreau installa la guillotine pour la jeune fille. Quand elle arriva, le regard du bourreau était noir comme la nuit. Il était fier de servir la reine. Lorsqu'il pointa sa hache sur la corde, un jeune homme arriva à cheval en criant: « Si vous voulez la tuer, il faudra d'abord me passer sur le corps. » Le bourreau coupa quand même la corde. Le jeune homme lança son couteau pour bloquer la lame de la guillotine. La fillette eut juste le temps de partir avant que le couteau ne lâche. Unissant leur courage, la petite et le jeune homme se battaient comme de vrais guerriers. Le bourreau furieux prit son épée et voulut les tuer. Il réussit à blesser gravement le garçon. Ils réussirent à s'enfuir dans les bois.

 Epuisé par sa blessure, le jeune homme tomba de son fidèle destrier et dit à la jeune fille:

 « Prends mon épée et va combattre la reine Mortie. Elle ne doit plus exécuter aucune jeune fille.... » Après ses derniers mots, garçon ferma les yeux. Il ne les rouvrit jamais.

 Mais que va-t-il se passer?

 A vous de choisir!!!

 

 

 

 


proposée par Jérôme

Le piège de Mortruide (suite du conte inachevé) (Ecole de Précigné)

…Soudain Matérata c’est comme cela qu’elle se prénomme, dressa l’oreille, lâcha brusquement
 l’écumoire qui fit « plouf » dans le bouillon en aspergeant les bûches qui grésillèrent
« tss, tss, tss,tssss… » et attrapant son cache-nez rouge elle se précipita dehors comme une folle.
En effet, elle venait d’entendre le hurlement de son frère.

« Que se passe-t-il ? Que t’arrive-t-il ? » demanda-t-elle.

A bout de souffle son frère lui dit : «  Papa et maman sont coincés dans un trou. Ils sont tombés
dans un piège du terrible Mortruide. »

            Mortruide était un gros dragon, aux grosses dents coupantes comme des lames de rasoir,
avec des yeux rouges, des pustules, des cheveux longs et mal peignés. Ses pattes poilues avaient
de longs ongles oranges. Tout le monde le connaissait . Il faisait peur à tout le monde. Il mettait le
feu à chaque fois qu’il s’approchait du village. Il avait aussi le pouvoir de se changer en n’importe
quoi. Mortruide aimait faire peur aux autres, il avait la fâcheuse habitude de manger des humains
à l’apéritif.

Matérata devait faire vite pour sauver ses parents. Elle rentra rapidement à la maison, enfila un
gros pull et dit à son frère de rester là en sécurité, en veillant sur le potage. Elle prit un manteau
chaud , son cache-nez, un bonnet  et des moufles. Puis elle partit en courant à la recherche de
ses parents.

Au bout de quelques temps, elle ne savait plus par où aller. La tempête de neige lui cachait de
plus en plus le chemin. Alors elle s’assit sur un tronc d’arbre et se mit à pleurer car elle avait peur.
C’est à  ce moment là qu’un vieux chêne à l’aide d’une jeune branche lui caressa le dos et lui dit :
« Ne sois pas triste petite fille, que puis-je faire pour toi ? ». Elle s’arrêta de pleurer, regarda
autour d’elle et ne vit personne. « Qui me parle ? Qui êtes-vous ? »

 « Je suis un chêne enchanté sur lequel tu es assise. Elle lui raconta donc ce qui était arrivé à
ses parents et lui dit qu’elle s’était perdue. « Je vais t’aider » lui répondit le chêne. « Je sais où
habite ce terrible Mortruide. Prends cette direction mais fais bien attention car il a beaucoup de
pouvoir. Pour le vaincre il faut être très rusé. Tu peux le vaincre à condition de bien réfléchir.
Il a un point faible, il est orgueilleux. »

Matérata suivit la direction que lui avait indiqué le chêne. La forêt étant tellement grande et la
neige si épaisse qu’elle se perdit à nouveau. Elle s’assit sur un arbre et se remit à pleurer.
L’heure de l’apéritif approchait à grand pas. C’est à  ce moment là qu’à nouveau, un vieux chêne
à l’aide d’une jeune branche lui caressa le dos et lui dit : « Ne sois pas triste petite fille, que
puis-je faire pour toi ? ». Elle se retourna et chercha l’arbre qui lui parlait. « Je cherche la maison
du terrible Mortruide. Sais-tu quelle direction prendre ? » « Bien sûr, marche tout droit jusqu’à la
rivière, traverse le pont, puis tourne à droite, sa maison sera sur ta gauche. » Après les mêmes
recommandations que le premier chêne elle prit donc la direction qu’il lui avait donnée. Le piège
où étaient prisonniers ses parents se trouvait à l’entrée de la grotte où habitait le dragon. Ses
parents étaient tombés dedans, poussés par Mortruide alors qu’ils tentaient de se désaltérer. 
Matérata avait réfléchit durant tout son trajet. Elle avait décidé de défier ce monstre. Elle l ‘appela
puis se moqua de lui. « Tout le monde a peur de tes terribles pouvoirs mais moi je sais que ce
n’est pas vrai tu ne peux pas te changer en n’importe quoi ? Cela n’est pas possible ! Mortruide
orgueilleux se changea aussitôt en lion.. « Trop facile » s’écria Matérata. Elle s’efforça de ne pas
montrer sa peur. « Mais tu ne peux pas te changer en potage !! » Sans réfléchir le dragon se
changea immédiatement en potage. Matérata se précipita alors sur le bol de potage et le bu sans
problème

jusqu’à la dernière goutte. Cette aventure l’avait affamée. Mordruide venait de disparaître à tout
jamais.

Matérata libéra ses parents avec qui elle avait hâte de rentrer et de savourer un autre potage qui
les attendait depuis longtemps et de retrouver son jeune frère qui devait être mort d’inquiétude.


proposée par Christine

Un nouveau secret (suite du conte inachevé) (Ecole de Juigné)

...L'enfant se précipita dehors comme un fou ou plutô comme une folle car, à la lueur de la fumée
étrange, on voyait que c'était une petite fille. Le vieux chêne murmura qu'elle s'appellait Méline.
Le cri strident reprit et la fit hurler à son tour.
Son visage embué par l'angoisse ne distinguait pas grand chose. Tout d'abord une fumée étrange
et colorée dans ce bois devenu inquiétant fit un rideau devant elle. Bravant sa peur, elle avançait
doucement. Chaque grincement, chaque craquement la faisait frissonner. Qu'allait-elle trouver ?
... Puis elle se fraya un chemin parmi les bambous près de la clairièretendan mieux l'oreille pour
écouter ce qui se passait. Elle entendait maintenant des gémissement étranges... puis des rires,
des rires à n'en plus finir. Elle avança, souriant à son tour, devant un spectacle auquel elle ne
s'attendait vraiment pas: une fée venue de nulle part avait dû atterir dans un arbre, casser une
grosse branche sur son passage pour tomber ensuite sur une souris. Mais chaque chose qui
touchait cette fée devenait étrange ou drôle. La souris avait presque une forme humaine avec un
gros nez rouge, des lunettes extravagantes et un noeud papillon tout à fait démesurée. Le sol qui
était triste et sombre regorgea tout à coup de fleurs, la saison du printemps semblait être arrivée
par enchantement. Quelle forêt magique! Les oiseaux gazouillaient, les arbres fredonnaient tout en
déversant des bonbons sur le sol. La fée s'amusait de son pouvoir et chantait avec eux. L'hiver
était bel et bien fini, la forêt n'avait jamais été aussi jolie et Méline en était toute émerveillée.
 Mais elle cessa brusquement de sourire et se dit: « Mais les fées n'existent pas!.. » L'écho se fit
dans la forêt.
 C'est alors que Méline se redressa dans la cuisine et s'aperçu qu'elle avait rêvé. La louche, qu'elle
avait brusquement lâchée, avait rebondi dans la marmite et l'avait tout simplement assomée. Elle
fut un peu déçue de revenir ainsi à la réalité. Elle se remit à tourner sa soupe et déborda de joie
lorsqu'elle constat que la marmute était remplie de bonbons. Elle courut aussitôt dans les bois et
vit une petite souris qui gémissait sous une grosse branche d'arbre. Elle la ramassa et se demanda
à qui étaient les lunettes extravgantes et le noeud papillon démesuré posé à côté d'elle. Sans se
poser d'autres questions, elle rentra en souriant dans sa maison en bois et vécut heureuse avec
sa nouvelle amie et son chat gâté de friandises jusqu'à la fin de sa vie.


proposée par Véronique

L’aventure extraordinaire de Jean (suite du conte inachevé) (Ecole de Sablé)

Jean sortit très vite avec son cache-nez rouge. Il entendit un bruit de terrible tempête. Il courut
dans la clairière. Autour de lui, il entendit des craquements d’arbres. Il voulait courir vite, mais
il s’enfonçait dans la neige épaisse. Il avait froid aux pieds. Jean alla plus profondément dans
la forêt.
Il vit des traces d’animaux sur la neige. Il les suivit. Il se dirigeait vers un sinistre grognement.
Jean se dit que c’était le grognement d’un ours. Le bruit était GRRR ! GRRR ! GRRR !
Au loin, il vit un ours coincé  sous un arbre déraciné. Il marcha vers lui.
Jean  avait peur mais l’ours grogna de plus en plus fort. L’ours s’énerva mais Jean se recula.
Jean lui dit :
« Du calme, du calme gros ours »
L’ours se calma de plus en plus.
Jean dit :
« ouf »
L’ours en avait mare, il bougea beaucoup pour se dégager. L’arbre roula dans la pente de
la montagne, il heurta un gros rocher qui déclancha une avalanche.
L’avalanche dévala la montagne. Une grosse coulée de neige emporta quelques arbres de
la forêt en faisant un bruit abominable. Jean fut aussi emporté dans l’avalanche. il cria :
« Au secours ! Au secours ! »
L’ours vint l’aider. Il s’accrocha avec ses griffes pointues à un gros tronc d’arbre, il l’attrapa
et le mit sur son dos.
L’avalanche s’était calmée.  L’ours remonta la pente avec Jean sur son dos jusqu’à la clairière.
Jean ne voyait plus sa maison. Il la chercha. Tout d’un coup, il rencontra un loup gris avec des
longs poils. Jean avait peur du loup. Le loup s’approcha de Jean. IL lui dit :
« N’aie pas peur de moi, je suis très gentil, je vais t’aider à retrouver ta maison.
- Oui je veux bien t’aider
- Vite il faut aller faire notre travail, je vais dégager ta maison en grattant la neige avec mes
pattes. »
Le loup  enleva la neige avec ses griffes, la balaya avec sa queue ; Jean lui donna un coup
de main. Quelques heures plus tard, la maison était visible. Le loup et Jean entrèrent dans
la maison en bois ; ils virent la maison  tout en désordre, les récipients étaient tout tordus, le
feu de la cheminée était éteint.
Il faisait froid dans la maison. Ils rallumèrent le feu. Il balayèrent et rangèrent la maison pour
qu’elle soit propre. Ils préparèrent à manger avec les restes. Jean et le loup firent un bon repas.
Ils étaient contents d’avoir retrouvé la maison en bois. Jean était heureux d’avoir le loup comme ami.


proposée par Marie-France

Le conte inachevé. (suite) (Ecole de Notre-Dame du Pé)

Le petit garçon sortit de sa maison avec son ami le loup.
Ils marchèrent un peu vers le bruit puis ils virent une maman ourse affolée.
Elle poussait un cri terrifiant, elle etait en colère.
Le petit garçon ne bougea plus.
Seul, le loup avança à petits pas vers l'ourse. Il commença à lui parler.
Au début, elle n'écoutait pas.
Il insista et elle finit par arrêter de crier.
Après quelques minutes, elle lui expliqua ce qui s'était passé.
Elle raconta au loup la disparition de son ourson.
Le petit garçon écoutait, mais il ne comprenait pas leur discussion.
Ils parlaient en utilisant un curieux dialecte animal.
Le loup revint voir le petit garçon et il lui expliqua le drame.
Ce dernier s'empressa de dire à l'oreille du loup qu'il pouvait certainement l'aider.
Le loup traduit la nouvelle à l'ourse.
Derrière sa détresse, elle semblait heureuse et soulagée.
On allait l'aider.

Le  petit garçon, la maman ourse et le loup décidèrent d'aller voir le viel arbre de la forêt.
Tous les habitants de la forêt savaient où il ètait, seul et bien enraciné, prés de la  clairière des sages.
En général, le viel arbre de la forêt connaissait tout ce qui se passait dans  sa  forêt .
Arrivés devant l'arbre, ils lui demandèrent s'il avait des renseignements à leur donner au sujet de
la disparition.
L'arbre répondit que non, mais avant de les aider, il leur demanda de s'asseoir autour de lui.
Il allait leur raconter son histoire.
«  Un jour que je marchais tranquillement dans la forêt, deux vilains petits ogres me croisèrent.
J'étais aller voir un autre magicien de la forêt.
Comme ils n'aimaient pas les magiciens, ils me transformèrent en arbre.
Ils avaient, eux aussi à l'époque, des pouvoirs mystérieux. Ils ont ainsi transformé tous les magiciens en arbres.
Depuis ce temps, les deux ogres s'en prennent aux petits animaux.
Peut-être faudrait-il aller voir de ce côté pour votre affaire, conclua l'arbre ».
Ce dernier leur proposa son aide et les suivit.

Ils continuèrent leur aventure avec un compagnon de plus.
Ils avançaient pas à pas dans la neige glacée, voyant leurs traces derrière eux, en cette nuit de pleine lune.
Soudain, un loup surgit d'un buisson, venant de nulle part.
Il était noir, poilu et effrayant .
Le loup du petit garçon s'interposa très rapidement, comprenant le danger qui pouvait arriver.
Il tourna autour de lui et lui demanda ce qu'il voulait (leur langage était le même).
Il lui répondit aussitôt qu'il cherchait un de ses crocs, celui qui était en or.
Il lui raconta aussi qu'il l'avait perdu au court de la denière pleine lune.
C'était un loup garou !
Le loup savait que son ami le petit garçon l'avait retrouvé par hasard .
Il réfléchit et dit au loup garou qu'il savait où était le fameux croc .
Il lui proposa un marché :
«  Si tu veux le retrouver, aide nous à retrouver l'ourson de notre amie l'ourse .
Nous te le retrouverons très rapidement. »
Ils se mirent d'accord et la joyeuse troupe continua sa quête.

En chemin, l'arbre dit au petit garçon qu'il pourait lui aussi entendre la voix des animaux.
Au détour d'un sentier, ils rencontrèrent l'écureuil.
Il était triste car les ogres avait mangé ses petits .
Tout naturellement, il leur proposa de les aider, et de tendre des pièges avec ses amis.
Ensuite, ils rencontrèrent un chevreuil.
Ce dernier avait mauvaise mine. Il leur raconta que les ogres avait également mangé ses petits.
Il proposa de poser ses propes pièges.
Bien sur, ils croisèrent le lapin, déprimé, mangeant un bout de carotte congelé.
Il etait de mauvaise humeur et s'ennuyait. Il suivit la petite troupe.  Le renard qui avait entendu toutes les conversations n'hisita pas un seul instant et se joignit aux recherches, de même que le sanglier.
Le lapin monta une catapulte à carottes. Avec ses amis, le renard prépara des marmites bouillantes.
Le sanglier creusa d'énormes tranchées et le chevreuil avait prévu de se jeter sur les prisonniers le moment venu.

Tous les pièges furent bien mis en place, mais la nuit avançait et rien ne se passa. Les deux ogres n'apparaissaient toujours pas.
Le grand conseil des hiboux décida de se réunir en conseil extraordinaire.
Il fallait trouver une solution de toute urgence.
Le chef César hulula très fort. Son cri traversa la forêt .Tous les hiboux regagnèrent en un éclair la
clairière mystérieuse des sages. Le chef rappela la devise des hiboux : « La vie, la paix pour tous! ».
Il ordonna à tous de se disperser dans la forêt pour trouver des indices de traces. A peine la consigne était-elle donnée que chacun survolait déjà la forêt et les alentours. Un peu plus tard, un hibou surnommé Xicopatus trouva des traces de pas régulières qui se dirigeaient vers la montagne.
Il avait certainement trouvé les traces des deux ogres.
Apés avoir prévenu ses amis, ils se regroupèrent autour de la petite troupe, tristement installée au pied du viel arbre.

Sans un bruit, ils se rendirent tout prêt de la fameuse grotte.
On entendait le ronflement des deux ogres.
Digéraient-ils le petit ourson?
Tous les animaux se mirent au travail pour fabriquer un gigantesque filet, tressé en lianes de la
forêt.
Une fois terminé, les hiboux l'installèrent plus haut dans la mongtagne. C'est eux qui devaient le lacher le moment venu.
On décida de placer deux marcassins bien dodus non loin de la grotte, eux qui avaient un petit cri aigu et puissant.
A peine posés devant l'entrée, les deux ogres pointèrent le bout de leur nez dehors, attirés par le bruit et l'odeur de la chair fraiche.
Le loup garou choisit ce moment pour hurler le signal.
Le filet tomba en quelques secondes. Le gros arbre étala sans perdre de temps son ramage sur le filet, emprisonnant les deux ogres.
Les araignées noires tissèrent un cocon très solide autour de chacun d'entre eux.
Pendant ce temps, la maman ourse se précipita dans la grotte et rerouva son petit ourson sain et sauf, endormi, attaché à un poteau au coin du feu.
On apprit par la suite que les deux ogres furent jetés du haut de la montagne dans un trou sans fin et que le petit garçon rendit le croc en or au loup garou.


proposée par Xavier

Transpa et l'as de pique

Ca y est ! C’est enfin arrivé : c’est aujourd’hui Noël !

Comme il est heureux le petit Lucas !
Secrètement, la nuit passée, le Père Noël a déposé de nombreux cadeaux sous le sapin. Il les a découverts ce matin au réveil. Ensuite, toute la journée, il n’a cessé de jouer et de courir. Maintenant, en fin d’après-midi, il est complètement épuisé.
Sans rien dire, il s’en va dormir.
Hélas, il laisse tous ses nouveaux jouets traîner. Une fois de plus, sa maman se voit obligée de ramasser tous ses cadeaux éparpillés.
Malgré sa fatigue, elle entasse, dans une grande corbeille rouge, des ballons, un ours en peluche, des anneaux, des cartes à jouer disséminées par ci par là, une boite de dominos et encore d’autres babioles. Ensuite, elle réunit les boîtes vides.
Enfin elle apporte la corbeille pleine dans la chambre de Lucas, ainsi que le tas de boîtes vides. Il n’y a plus qu’à espérer que Lucas range chaque jouet dans sa boîte respective : un si petit effort !
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Pendant que sa maman travaille, Lucas s’est profondément endormi : il n’a rien vu, rien entendu…
Soudain, après le départ de sa mère, dans l’obscurité de la nuit, tout s’anime.
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Les jouets de la corbeille, cabossés et meurtris, se mettent à pleurer et soupirer. Mais ils ne veulent pas réveiller Lucas…
Il faut prêter une oreille très attentive, si on veut comprendre leur chuchotis :
On entend des « - Ah tu m’écrases ! »
Ou encore des « - Eh ! Tu m’étouffes ! »
Et même des « - Oh ! c’est la faute à Lucas ! »
Bref tous semblent malheureux.
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Tout à coup, quelque part dans la corbeille, les quatre valets du jeu de cartes (celui de pique, celui de cœur, celui de carreau et celui de trèfle) descendent de celles-ci.
En chœur, ils se mettent à grommeler doucement : « on va donner une bonne leçon à ce galopin de Lucas ! »
Les jouets ont confiance en ces quatre gaillards. On aurait dit quatre gymnastes : deux d’entre eux se hissent sans effort sur le bord supérieur de la corbeille, tandis que les deux autres se faufilent par les trous du bas et s’évadent aisément de leur prison.
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Ils vont alors chercher le coussin le plus ventru et le plus moelleux qu’ils trouvent et le poussent au pied de la corbeille.
Tout est prêt : la révolte des jouets peut maintenant commencer.
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Un par un, aidés par les deux solides valets de trèfle et de cœur, les jouets apeurés se juchent sur le rebord de la corbeille. De là, la vue leur semble vertigineuse. Mais, poussés par les valets, ils ne peuvent que se laisser tomber dans le vide.
Heureusement, en bas, sur le coussin, les deux autres valets, ceux de pique et de carreau, amortissent leur chute.
C’est dur, mais c’est le prix à payer pour que notre petit garnement comprenne qu’il faut ranger ses jouets avant d’aller dormir.
D’un commun accord ceux-ci ont décidé de lui faire faire un mauvais rêve très instructif.
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Tout d’abord les valets dispersent les jouets sur le sol. Puis, ils s’en vont. Quant aux jouets, ils font le mort…
Alors tout redevient calme et silencieux. Plus rien ne bouge.
Lucas semble bien à l’abri dans son lit douillet.
Mais il ne faut pas oublier que les cartes à jouer sont là, quelque part dans la corbeille.
Et voilà que soudain, apparaît l’as de pique : aussitôt il se met à grandir, tout en prenant un air sévère et autoritaire.
Les quatre valets, revenus avec les dominos, se rangent près de lui.
Maintenant l’atmosphère devient lourde et menaçante. On dirait un régiment prêt à donner l’assaut.
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Sèchement l’as de pique appela : Ici, Transpa !
Quel nom bizarre !
Aussitôt Lucas, qui est encore tout endormi, semble se dédoubler.
Un autre petit gars, de même taille, de même âge, se tient à présent debout au pied du lit. Il a l’air très contrarié par ce réveil brutal.
On ne peut pas le voir nettement. C’est étrange, il est presque transparent (d’où son nom) et fin comme une feuille de papier…
On dirait quelque chose de léger, d’impalpable : peut-être un rêve ou plus exactement un mauvais rêve ? En effet ce Transpa semble de fort mauvaise humeur.
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L’as de pique semble le connaître et lui dit d’un ton autoritaire :
-Tu as voulu dormir, mon p’tit Transpatounet, au lieu de tenir Lucas éveillé et de l’aider à ranger ses jouets, comme convenu.
Eh oui ! Je vais devoir vous punir tous les deux !
Au boulot !
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Transpa n’est pas méchant du tout, mais il ne craint pas les autres  si on lui fait mal, il n’a pas le temps de sentir quelque chose puisqu’il est mince et transparent : la douleur ne fait que le traverser et c’est le pauvre Lucas qui la ressent !
D’où une attitude effrontée, sauf devant l’as de pique !

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Sur l’ordre de celui-ci, nos quatre valets partent chercher un des jouets.
Ensuite ils appellent Transpa et le lui tendent… Celui-ci s’en saisit de fort mauvaise grâce, mais ne sait trop quoi en faire ou plutôt n’a envie de rien faire !
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Alors les dominos s’avancent vers Transpa.
Debout, ils forment une ligne qui va jusqu’à la boîte où le jouet doit être rangé.
Transpa refuse de bouger.
Eh bien, pour mieux marquer les chemins et donner le signal de départ, les dominos se laissent tomber l’un par dessus l’autre.
Transpa buté, ne bouge toujours pas.
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Voyant la mauvaise volonté de Transpa, l’as de pique s’approche. Il n’a aucun mal à faire avancer Transpa sur la route tracée par les dominos : une petit piqûre aux fesses et le tour est joué. Transpa est seulement un peu bousculé mais ça suffit pour le faire avancer, tant il est fragile et léger. Mais, il n’avait fait qu’un pas.
Et l’as de pique repique, jusqu’à ce que Transpa arrive à la boîte. Là, Transpa fait ce que Lucas aurait dû faire : ranger le jouet.
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Puis, l’as de pique, d’un air menaçant le fait reculer jusqu’au point de départ. Et, tant que les valets trouvent des jouets abandonnés, tout recommence : les dominos tracent d’autres chemins vers d’autres boîtes et d’autres jouets sont rangés.
Et l’as de pique repique !
Pauvre Lucas… quant à lui, il fait un très mauvais rêve.

Une fois le travail terminé, les valets regagnent leurs cartes et les dominos se rangent dans leur boîte.
L’as de pique, lui redevient tout petit et rejoint tranquillement sa carte, tout inoffensif.
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Il ferme les yeux, puis la bouche

Et s’endort.
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Transpa aussi se recouche aux côtés de Lucas, sans le réveiller bien sûr, et devient totalement transparent : c’est ainsi qu’il disparaît.
Le lendemain matin, Lucas se réveille tout endolori : il a l’impression d’avoir fait un très mauvais rêve. Comme s’il y avait eu un hérisson dans son lit !
Quelque chose l’avait piqué toute la nuit durant, pour le forcer à ranger ses jouets.
Et la nuit se termine tranquillement comme si rien ne s’était passé.
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Heureusement, il a maintenant à ses côtés, l’ours en peluche qu’il aime tant. Qui le lui a apporté ? Personne ne le saura jamais !
Lucas, lui, ne se pose pas de questions, mais se serre tendrement contre l’ours et dit :
- Je ne te laisserai jamais plus traîner, ce n’est pas à maman de te ramasser !

Fin


Pour écrire à l'auteur

proposée par Monique Lety

Siko et les baisers magiques

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Cela s’est passé il n’y a pas si longtemps, dans un grand port dont j’ai oublié le nom.
Dans cette ville vivait un riche vendeur d’animaux exotiques, Monsieur Larcinot, singes, serpents, perroquets, tigres, etc. C’était un menteur professionnel et un profiteur de la misère humaine.
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Hélas pour lui, malgré ses horribles talents, ses affaires périclitaient : personne ne lui faisait plus confiance.
Pour tenter d’améliorer la situation, il modifia le travail d’un de ses employés nommé Siko.
C’était un jeune homme noir au sourire honnête qui trop souvent devait nettoyer seul, l’immense cale du bateau de transport de Monsieur Larcinot. L’air y était irrespirable et le sol couvert de l’urine et des excréments des animaux transportés : c’était un travail harassant, mais seul il devait tout faire pour un salaire de misère !
Cette fois-ci, d’après Monsieur Larcinot, Siko devrait seulement sourire, être aimable avec les clients.
Pour être sur place, il dormirait dans un grenier au-dessus des crèches. Cela lui éviterait une marche quotidienne et fatigante. Mais ce vilain rapiat ne lui avait pas dit qu’il devrait surveiller les animaux la nuit.
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-    Ça sera très bien payé, avait-il promis !
Le jeune Siko, qui n’avait ni logement, ni argent, n’hésita pas une seconde : il lui fallait travailler pour vivre… Comme tout le monde !

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Monsieur Larcinot avait été très malin.
Aussitôt les clients affluèrent, reçus par une personne affable et d’une sincère gentillesse.
Pour accentuer sa réussite, cet hypocrite Monsieur Larcinot avait même prêté à son employé des vêtements de bon aloi.
Ce semblant de générosité fit renaître la confiance. De plus, les animaux étaient à nouveau heureux grâce à Siko, et donc de plus en plus beaux.
Les clients achetaient qui un girafon, qui un zèbre, voire un singe.


Larcinot se léchait déjà les babines
. L'image « http://www.takatrouver.net/doc/docs/histoire_illustree/siko2b.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Son commerce prospérait.

Et le jour de paye arriva. Comme les autres employés, Siko se rendit au bureau de Monsieur Larcinot. Cet effroyable grigou était toujours le même. Il avait tout calculé. Il dit sans ménagement à Siko :
-    Au début tu ne seras pas payé. Je te donne déjà vêtements et logis. Et tu oses me demander un salaire ?
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Le pauvre travailleur ne dit rien et baissa la tête. Tristement il retourna à sa besogne tant il craignait de perdre son emploi et son pauvre grenier.
Heureusement les animaux aimaient Siko et l’aidaient à ne pas sombrer dans la tristesse.
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Par contre, ils détestaient ce Larcinot qui les nourrissait chichement et ne les caressait jamais.

Un jour, après ses heures de travail durant lesquelles il ne laissait transparaître que bonne humeur et amabilité, lorsque enfin tous les clients furent servis, Siko partit faire quelques pas. Un peu d’air lui ferait le plus grand bien car il se sentait abattu par le manque de sommeil.
Tout en marchant il se mit à pleurer en silence. Alors il s’assit au bord de la route et pensa :
-    Ce n’est pas juste d’être méprisé et exclu par ce Monsieur Larcinot seulement parce que l’on est différent de lui…
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Il n’en pouvait plus et, doucement, il s’endormit
Tout à coup il perçut des voix juvéniles et gaies.
-    Hé m’sieur ! Ça va ? dit l’un.
-    Hé m’sieur ! On peut vous aider ? demanda l’autre
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Siko rouvrit les yeux. Devant lui se tenaient deux enfants qui devaient avoir neuf ou dix ans. Leur visage à la fois curieux et heureux chassèrent ses idées noires et même un petit sourire revint.
-    Bonjour, dit-il en s’essuyant les yeux.
-    Tiens, dit un des deux enfants, on va te raconter des histoires marrantes, d’acc’ ?

Siko voulait remercier ces deux enfants pour tant de gentillesse. Il leur tendit un écrin, le seul bien qu’il possédait et raconta :
-    Une nuit, j’ai rêvé qu’une belle dame aux pieds nus, passait sans bruit dans mon grenier. Elle me dit : « Je t’embrasse, tu le mérites ». Et elle disparut aussitôt.
Le matin, quand je me suis réveillé, cet écrin était à côté de moi sur l’oreiller.
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Dedans il y a deux lèvres impalpables mais bien vivantes : un baiser magique en quelque sorte. Ces lèvres peuvent parler, souffler, aspirer, chanter, murmurer et même rire. Je ne sais pas à quoi ça peut servir, mais elles vous porteront sûrement bonheur. Vous les méritez. Je vous les donne. Bonne chance !
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-    Garde-les. C’est toi qui a besoin de chance, répondirent les enfants en chœur

Son regard se posa interrogatif sur l’écrin puis, tout sourire, sur les enfants. Quelle ne fut pas sa surprise : à présent il avait devant lui au moins mille enfants minuscules, de toutes les couleurs et ils étaient tous pieds nus comme la belle dame.
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Timidement il demanda :
-    Vous la connaissez tous cette belle dame aux pieds nus ?
-    Oui. C’est la fée Justine, répondirent-ils d’une seule voix.
-    Que dois-je faire avec l’écrin, poursuivît Siko
Toujours tous ensemble les mille enfants répondirent :
-    D’abord il faut tapoter l’écrin pour bien réveiller le baiser magique, puis, ensuite, tu le poses près de Larcinot et tu laisses faire !
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Siko n’était pas convaincu.
Les enfants l’avaient deviné. Alors, d’un commun accord, tous disparurent, sauf deux. Ils avaient repris taille normale. L’un d’eux porta l’écrin à l’oreille de Siko. C’était incroyable : l’écrin s’entrouvrit et une douce voix murmura :
-    Aie confiance. La magie gagne toujours !
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 Et Siko se mit à sourire, et même à rêver…

Au prochain jour de paye, comme tous les autres, Siko se rendit dans le bureau de Monsieur Larcinot. Il posa discrètement l’écrin du baiser magique près du pot de fleur.
Sans lever la tête de son livre de comptes, Larcinot dit :
-    Oui, je sais. C’est le jour de paye. Mais rends-toi compte. Tu es payé tous les jours puisque je te loge sur ton lieu de travail !
Sèchement il ajouta :
-    Au revoir !
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Siko fit semblant de partir, mais il s’accroupit derrière le comptoir. Il voulait tout voir, tout savoir.
Avec des gestes brusques Larcinot saisit le livre de comptes qu’il enfouit dans le tiroir. Il ferma celui-ci à double tour, mit la clé dans sa poche, s’assit à son bureau et soupira :
-    Enfin tranquille ! C’est fini !

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À ce moment-là, on entendit comme un sifflement mélodieux. C’était le baiser magique. La clé, jusqu’à présent immobile dans la poche de Larcinot, se mit à danser. C’est alors que l’inimaginable se produisit : la clé sortir de la poche et se mit à sautiller, à zigzaguer dans l’air. Impossible de la saisir.L'image « http://www.takatrouver.net/doc/docs/histoire_illustree/siko9a.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.L'image « http://www.takatrouver.net/doc/docs/histoire_illustree/siko9b.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

Puis, tout d’un coup, un silence glacial se fit. La clé entra dans la serrure. Celle-ci grinça de plaisir et dans un soupir d’aise, le tiroir s’ouvrit. Alors le baiser magique souffla et tous les papiers du tiroir s’envolèrent. Ensuite il se mit à aspirer de toutes ses forces. Le livre de compte se hissa sur le bureau. Dans un claquement sec, il s’ouvrit à la page de Siko.

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Larcinot, épuisé par la course-poursuite, s’approcha du bureau. Voyant le livre de comptes ouvert à la page de Siko, il se mit à le cogner rageusement. Soudain il entendit comme un chuchotement. Il leva la tête. Il n’y avait plus de fleurs dans le vase, seulement ça : un drôle de bouquet qui fredonnait une apaisante mélodie.
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 Puis, brusquement, tout s’arrêta !
Le silence devint insupportable. On entendait seulement Larcinot claquer des dents. Qu’allait-il dons se passer ?
Tout à coup les baisers magiques se remirent à chanter. Au début ce n’était qu’un refrain joyeux mais envoûtant. Mais, au fur et à mesure, la mélodie, toujours harmonieuse, devint plus puissante.
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 La chaise et le bureau décollèrent du sol et se mirent à tournoyer, entraînés par la musique. Larcinot, lui, tomba assis par terre, effrayé par ces meubles qui dansaient là-haut, juste au-dessus de sa tête.

Tout à coup, la mélodie devint discordante, annonçant une catastrophe imminente. La chaise aussitôt se tordit et le bureau se disloqua avant de s’écraser autour d’un Larcinot épouvanté. Il reçut sur la tête le livre de comptes.
Soudain il entendit une voix menaçante qui semblait venir de partout. Elle disait « Paye ton ouvrier, bandit ! Respecte le, même s’il ne te ressemble pas. Ce n’est que Justice ! »
À cet instant Siko apparut de derrière le comptoir où il était resté caché. Effrayé, Larcinot obtempéra et, à son grand étonnement, tout redevint calme, silencieux.
Même la chaise et le bureau avaient repris forme normale.
Il était temps. Larcinot épuisé s’écroula sur le bureau.
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La belle dame aux pieds nus revint prendre son bouquet de baisers magiques, puis, elle s’envola discrètement, sans aucun bruit. Elle avait fait son travail.

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Siko, tout heureux d’être considéré comme les autres, repris son travail auprès des animaux.
Dans le ciel, la fée Justine, les baisers magiques, et une ronde d’enfants murmuraient inlassablement :

ON EST TOUS ÉGAUX !

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proposée par Monique Léty

Casse-Noisette

Casse-Noisette

d'après Ernest Theodor Wilhelm Amadeus Hoffmann et Pyotr Il'yich Tchaikovsky

        C'est le soir de Noël, chez Franz et Marie. Ils attendent la visite de leur oncle Drosselmeyer. Il est horloger et leur apporte souvent de bien étranges jouets qu'il fabrique lui même. Il raconte aussi de fabuleuses histoires.
        Le voilà qui arrive ce soir là avec trois nouveaux incroyables petits automates et, il sort de sa poche, une sorte de poupée en bois, droit comme un petit soldat, avec une grande bouche qui sert de casse-noisette, tout simple. Les enfants regardent ces nouveautés et Marie prend le casse-noisette pour voir de près comment il fonctionne. Franz veut à son tour s'en emparer. Il tire dessus, Marie ne le lache pas et, ce qui devait arriver arriva, le casse-noisette se casse!

        Marie commence à pleurer mais oncle Drosselmeyer s'empare vite du jouet et avec son mouchoir lui fabrique un pansement qui lui remet la machoire en place. Marie le remercie mais la maman de Marie en a assez de tout ce bruit et elle les envoie vite au lit.
        - "Allez hop Franz! Hop Marie! Allez vite vous coucher. Vous êtes trop énervés ce soir".
        Marie part sagement dans son lit et laisse sa nouvelle poupée blessée dans un petit lit de poupée au pied du sapin.

            L'oncle Drosselmeyer vient lui souhaiter bonne nuit et lui raconte une bien curieuse histoire.
        - "Tu sais Marie, ce casse-noisette n'est pas une poupée ordinaire, c'est un jeune homme qui se cache à l'intérieur. Voilà sa véritable histoire:

        Il y a longtemps un roi et une reine eurent une fille, la princesse Pirlipat, qui était devenue très laide à cause d'un mauvais sort lancé par le roi des souris. Les souris du château avaient cependant promis que si un jour un homme voulait délivrer la princesse de sa laideur il le pourrait. Il lui faudrait pour cela casser avec les dents une noix très dure et en donner son fruit à manger à la princesse.
        Bien des jeunes gens étaient venus pour tenter de délivrer la princesse de ce mauvais coup du sort, mais, jusqu'à présent, ils s'y étaient tous cassé les dents.
        Or, un jour, mon neveu, qui avait eu vent de cette histoire, se présenta au château. On lui apporta la fameuse noix très dure et, d'un coup de dent, d'un seul coup de machoire, il l'ouvrit et en offrit le fruit à la princesse. Elle croqua cette noix et, comme par enchantement, se transforma en une magnifique jeune fille.
        Mon neveu, ébloui par tant de beauté, recula de trois pas pour saluer la princesse, comme il se doit. Faisant cela il marcha malencontreusement sur la queue d'une souris venue assister à à la scène. Le roi des souris, furieux de cet incident, lui jeta un sort et le transforma en casse-noisette en bois!
        Bien sûr la princesse ne voulut pas d'un casse noisette comme mari, alors on le chassa du château.
        Voilà la triste histoire de mon neveu le casse-noisette.
        Allez Marie, dors bien et fais de beaux rêves!"

        L'oncle Drosselmeyer éteignit la lumière, sortit et ferma doucement la porte; Marie commençait à peine à s'endormir. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil aussi décida-t-elle d'aller chercher son casse-noisette.
        Elle se dirigeait vers le salon lorsqu'elle constata qu'il se passait des choses un peu bizarres. Elle ne savait pas exactement ce que c'était, si c'était elle qui rapetissait ou si tout se mettait à grandir autour d'elle.
        Toujours est-il que bientôt toute une armée de souris, qui semblait descendre du sapin de noël, vint encercler Casse-Noisette. Le petit bonhomme se leva, appela à l'aide les soldats de bois de Franz et tous les autres jouets qui l'entouraient. Ils se mirent en route tous ensemble contre les souris.
        Le roi des souris arriva et fonça directement sur Casse-Noisette. Voyant cela Marie attrapa son chausson, visa rapidement le roi et lança violemment sa pantoufle sur lui. Il tomba à terre, mort ou assomé. Les souris l'emportèrent et se retirèrent toutes du champ de bataille.
        Casse-Noisette vint vers Marie pour la remercier.
        - "Tu m'as sauvé la vie! Je ne sais comment te remercier!"
        En disant cela il prenait vie et peu à peu se transformait en un magnifique jeune homme. Marie n'en croyait pas ses yeux.
        - "Viens avec moi, lui dit-il, je vais t'offrir une belle promenade là où tu n'es encore jamais allée".
        Et, comme par magie, les voilà emportés dans un tourbillon de flocons de neige.
        Dans leur valse folle ils voyagèrent dans les airs et se retrouvèrent devant la fée Dragée qui leur dit de sa douce voix :
      - "Ah! vous voilà enfin! Je vous attendais pour le goûter. Venez vite jusqu'au royaume des gourmandises, au fabuleux pays des friandises
        Le paysage était féérique : les chemins étaient en caramel, les fontaines prodiguaient des jets de grenadine, il y avait des maisons en nougat, des escaliers en biscuit, jusqu'au palais de la fée tout en choux à la crème, se dressant comme une immense pièce montée.
        - Comme je suis contente de vous voir, continuait la fée Dragée. Votre voyage s'est bien passé?
        - Oui, répondit Casse-Noisette, mais auparavant nous avons dû affrontrer l'armée des souris et, sans Marie, je crois bien que je serais mort à l'heure qu'il est.
        Marie sourit, fière, d'avoir pu aider ce vaillant et beau garçon qui lui tenait la main.
        - Allez, installez-vous, poursuivit la fée Dragée. Vous allez goûter en assistant au plus beau spectacle que je puisse vous offrir.
        La belle fée conduisit alors les deux enfants vers une table magnifique où se dressait un gigantesque goûter. elle leur offrit de délicieux et succulents gâteaux accompagnés de boissons fraiches et chaudes dans une vaisselle étincelante.
        Puis d'un coup de baguette magique, elle appella les artistes qui apparaissaient devant les yeux ébahis de Marie.
        Le premier numéro était celui du Prince Chocolat qui exécuta une danse espagnole endiablée durant laquelle il frappait des pieds pour mieux en souligner le rythme ensorcelant.
        Vint ensuite le café d'Arabie qui semblait flotter au dessus du sol comme un doux arôme qui faisait frémir les narines des enfants. Ce fut alors le moment du thé de Chine. Il bouillonnait en tournant comme un manège saluant à chacun de ses tours les enfants en joie.
        S'élancèrent alors les courageux et intrépides petits bonbons russes à la menthe qui avaient préparé d'incroyables cascades et culbutes, puis un groupe de quelques danseuses en massepain qui apportèrent une touche légère et gracieuse à cette folle débandade.

        Marie et Casse-Noisette applaudissaient de tout leur coeur.
        Madame Gingembre vint prendre place sur scène avec une flopée d'enfants tous plus mignons les uns que les autres. Ils se lancèrent dans une époustouflante série de galipettes entrecoupées de rires qui fusaient de toute part.
        Dans le calme qui suivit leur départ, une cascade de fleurs en sucre déferla dans la pièce. Elles ouvraient leurs pétales dorés en vagues successives, traversaient la pièce avec grâce et élaboraient d'élégantes compositions avant de se rejoindre toutes ensemble dans un magnifique bouquet final.
        Après cette valse de fleurs, la fée Dragée refit son apparition, escortée d'un tout jeune homme. L'élégance et la grâce de leurs silhouettes donnaient à leur danse l'allure d'un tendre tête-à-tête.
         "Voilà comment je voudrais être quand je serai grande, se dit Marie en son for intérieur. Et je voudrais que toutes les fêtes soient aussi joyeuses et belles que celle-ci».
        Marie descendit de son trône, embrassa la fée Dragée et remercia tous les danseurs. Puis elle prit la main de son prince et tous deux s'éloignèrent vers le futur.

        Lorsque Marie ouvrit les yeux, elle était dans son lit. Casse-Noisette, son petit bonhomme en bois, était là, à ses côtés, le mouchoir autour de la tête. Marie ne savait plus trop quoi penser. Elle le regarda, dénoua le mouchoir et constata que la machoire s'était, comme par miracle, réparée. Elle ne savait vraiment plus du tout quoi penser.

        On frappa alors à la porte.
        - Entrez! claironna Marie!
        Apparurent alors dans l'embrasure de la porte l'oncle Drosselmeyer et son neveu! Son neveu en chair et en os, en tout point identique au jeune homme du rêve de Marie.
        D'un pas lent et solennel il se dirigea vers Marie et lui donna la main afin qu'elle descende de son lit.

        Décidemment à Noël tout est vraiment possible



        Voir aussi :

        Opération Casse-Noisettes  - Scénario pédagogique intégrant le français, la musique et les arts plastiques avec, entre autres, un diaporama de l'histoire , présenté par les élèves de 2e année du 1er cycle (Québec)

        Casse-noisette - un ballet composé par Peter Illitch Tchaïkovsky en 1891 - raconté et illustré par Bojana, Steven et Billy de la classe des Reussilles (Suisse)

proposée par E.A.T. Hoffmann